‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 190 sur 292 · ACTE IV, SCÈNE III. 3i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. 3i

MANILIUS

Laissez-moi me retirer, voici assez d'outrages; vous devriez regarder avec plus d'égards le caractère élevé dont je me trouve revêtu en ce jour, où je suis Forgane de la majestueuse Rome. Vous montrez bien que vos rochers escarpés exercent encore sur vos esprits leur sombre influence, et que les manières polies, qui règlent les nations civilisées, n'ont point encore passé dans ce climat, i>ii la brute nature nq crée les hommes que dans sa fureur.

VIRIATDS.

Si la politesse consiste à manquer à ses sermens, à assassiner les femmes, les vieillards, ^ désoler dans sa fureur la tendre innocence qui n'a commis aucune faute, à se venger sur le paisible et utile laboureur, des batailles perdues, à voir les incendies embraser les cités^ sans autre motif que de satisfaire d'inhumaines vengeances; si, en un mot, porter dans le monde le carnage et la mort , dérober aux nations leurs champs paternels, est être civil, est avoir adouci à une sage école les manières primitives de la simple nature , nous voulons conserver les coutumes transmises par d'honorables parens; nous méprisons tout ce que peut enseigner une nation perfide ; que jamais les sentimens que la raison aura dictés à nos cce\i;rs ne s'évanouissent devant des maximes politiques : nous, laissons en présent à Rome la ruse et l'imposture.

3i6 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS,

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