ACTE ÎV, SCÈNE IV.* 3in
timer tant' de grandeur, devaient combattre pour elle. Époux rendus à la liberté , qui pourra dans'Ie monde ne pas envier votre bonheur ?
HILPÉRIG.
Le loup engendre le loup / et de lions puissans il ne peut naître que des lions généreux.
ORMIA.
Toute autre femme estimant moins la vie que Tamoury ferait de même.
ARISTÉÂ.
Vous donnez trop d'importance à une action naturelle à un tendre cœur, qui souffrait les douleurs de la plus cruelle incertitude.
MAISILIUS.
Viriatus, adoucissez votre caractère trop inflexible, abandonnez vos préventions. Une baine impla-* cable ne doit pas dominer les âmes nobles. Quand la patrie confie ses destinées à nos décisions , la pru^ dence doit devenir un flambeau lumineux, qui dissipe les ombres épaisses nées < de la vengeance. Voyez combien d avantages on acquiert dans Falliance de Rome. La guerre fuit; un v^^n turbulent arrête ses pas eh respectant les li4|Rs où planent les aigles protectrices! Les campagnes redeviennent florissantes, l'industrie renaît, le commercé ranime l'état languissant des échanges de nos productions mutuelles ; le père chéri vit tranquille au milieu de ses enfans. Si nous avons jusqu'à présent disputé notre gloire dans des combats sanguinaires, mettant de côté des illusions dévas-^
3i8 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS, tatrices , ocms cherchons k la trouver et à la rendre' pltts profitable dans les douceurs d'une paix utile* aut peuples. ^
VIRIATUS.
Si vos actions correspondaient à vos discours , abandonnant avec plaisir des armes pesantes , je reprendrais encore une fois d*une main sûre la fidèle boulette. Mon troupeau paissant gaiment dans les fertiles vallées , sans entendre le bruit des efifrayantes timbales > sans qu^ le son des clairons guerriers vînt retentir sous le ciel de la patrie, me serait bien plus agre'able que le commandement de légions menaçantes , que ces victoires toujours, accompagnées de deuil. Mais, éclairé par l'expérience , je reconnais plus d avantage à soutenir nos droits les armes à la main , qu'à incliner la tête devant le joug infâme des despotes du monde , qu'à livrer lâchement à la perfidie le sang de la patrie. (^ Manilius. ) C'est assez de discussions, retournez vers le traître Serviiius ; dites-lui que les Lusitaniens n'écouteront pas ses captieuses propositions sans qu'il dépose ]|^ armes.Qu'il n'a point à craindre la vengeance, parce que nous ne sommes ni des^ Galba, ni^bs Servilianus. Qu'il épargne au tranchant de^jp^ fers ces restes de misérables phalanges. Que la voix de la nature affligée retentisse une fois dans son sein. Cher Distaléon, fidèle Minurus, vous qui êtes Lusitaniens par les lois de l'honneur, qui consacrez parmi nous un culte constant à la douce liberté , accompagnez Manilius au camp ennemi* Quand vous verrez le parjure consul, prescrivez-lui, au nom de la glorieuse Lt^i-'