‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 194 sur 292 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes, excepté VIRIÂTUS.

GORBOBA.

Peut-être qu'accoutumé à traiter avec de vils es-: claves, cet héroïsme te cause quelque étonnement. Sache ^ Ronmin, que nous professons tous les mêmes

sentîmens , que la ruse ne peut pas renverser de ses tremblantes mains les barrières opposées à la trahison.

MANILIUS

Je pars , généraux , en emportant le chagrin de voir que la haine qui embrase les cœurs a banni les doux sentimens d'une favorable paix , si utile aux peuples. Nos nations étant rivales sur le champ de bataille , et combattant avec des idées de vengeance , la guerre doit rugir encore pendant longtemps dans vos campagnes. Rappeleac-vous Carthage, Gorinthe , Tinquiète Gaule , voisine de FEspagne. Tous ces royaumes se sont lassés de leurs efforts dans leur lutte, avec les Romains. Des rois puissans ont imploré, dans une posture suppliante^ cet honneur que vous méprisez dédaigneusement. Jupiter ne manque pas aux promesses qu il fit au grand peuple.

CURIUS

Voici les perfides armes avec lesquelles tu trompes les nations I Vous voulez que les dieux n'ainient que les Romains , et que les peuples innombrables qui habitent des terres reculées suivent , dans leur abandon , le pouvoir confus des destins. Vous êtes injustes jusqu'envers la divinité. Tous les hommes ont des droits à la protection des dieux. Jupiter ne reste pas uniquement au delà des Alpes. Jupiter préside à la nature entière. Tout ce que l'humaine raison peut comprendre , tout ce qui surpasse cette faible raison est plein de Jupiter. Les prêtres qui , dans Rome, veulent cacher les secrets de l'immense divinité, qui se jugent investis du pouvoir d'altérer

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