SCÈNE VI
CORROBA, CURIUS, APULÉIUS, ORMIA,
ARISTÉA.
APULEItlS.
Avec quelle énergie , avec quelle majesté , Viriatus a répondu aux captieuses propositions de Servilius! Le misérable! son état d'abattement est ce qui l'oblige à demander une paix comme celle qu'il nous a signée déjà. Si>, dans son orgueil^ il veut encore * se soutenir ^ un combat de plus décidera du sort dé-^ plorable de ce féroce esclave d'un vil sénat.
Théâtre Portugais. 2 1
ORMIA
Si j'étais à ia place de notre héros ^ je ne refarderais point/par de longues décisions^ la complète déroule de ce perfide : je crains les armes dont se ser- \ent les traîtres dans rabaissement»
ABISTÊâ.
Que pourra faire celui qui n'a conservé que les faibles restes d'une armée fugitive., sans surmea , sans bagages? Le général qui parvient au but de la guerre en ne répandant pas de sang, est le plus grand, le plus digne du triomphe, le plus véritablement guerrier.
Ce n'est pas avec ces béteaférocesqueFon doitmet** tre en usage les principes de Fhumanité.Qui nettoie la terre de monstres, $ert les lois sociales. Épargner les traîtres, ce^t s^exposer à la trahison. Laisser impunies des mains criminelles, c'est vouloir que les crimes , acquérant de l'audace , enfantent de nouveaux crimes.
CURIOS.
Cette réponse, qui va nous décider, ne peut pas tarder beaucoup. En attendant, allons prendre nos armes; nous serons toujours prêts pour les combats quand l'avidité amènera des conquérans dans nos campagnes.