‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 200 sur 292 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes, MANILIUS, DISTALÉON, MINURUS.

' SERVILIUS

Approchez, vous qui de la part d'un insensé, dont la fortune^ capricieuse favorise les armes, vecie^ m'annoncer de^ extravagances enfantées au milieu de la fureuiî des batailles. Déjà Manilius, rempli de honte eii me transmettant d'orgueilleuses

33o LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS, conditions^ a transformé mon cœur en ua antre Yësuye. Rome Qa-t-elle donc plus de soldats ? ne dispose-t-elle point des ressources inépuisables des nations qu elle a vaincues , de toutes celles des peuples qui paient un tribut à son immense pouvoir ? Que veut aujourd'hui un pasteur , qui ^ au milieu d'un faible et misérable territoire, à la tête de quelques sauvages qu'il a excités à la haine et à la fureur, insulte l'honneur des dominateurs de la terre? Si la victoire a voulu favoriser son entreprise insensée , qu'il craigne de la fatiguer par l'abus de ses indiscrètes prétentions que Servilius rejetterait, quand bien même il aurait à peine un soldat* Si vous avez à me proposer des moyens plus faciles^ plus compatibles avec l'honneur, parlez; mais si vos pouvoirs vous permettent seulement de répéter ce que je sais déjà, allez, retirez-vous.

DISTA.LÉOV.

Nous ne venons point, seigneur, proposer des traités, ni discuter les avantages politiques de deux nations courageuses et rivales ; nous venons savoir si tu veux t'assujettir aux conditions que \% vainqueur a dictées, ou si en reprenant les armes nous devons en une seule fois terminer cette campagne.

SERVILIUS

J'ai déjà dit, ô Lusitaniens, que Servilius savait mourir, Mais qu'il ne pouvait jamais se soumettre à i'ignominie. Redoutes, impies, la vengeanec ^ue doit TOUS attirer ce sang répandu au milieu d« la fureur des passions l Vous senet; plus heui^ttx si nous fouteos l'heutreux tewitoire des La-

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