‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 207 sur 292 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Le camp de Virîatus. Sur le devant, sa tente fermée; plus loin,

quelques soldats se reposant.

VIRIATUS seul.

.C'est aujourd'hui que je verrai s'humilier l'orgueil de Servilius. Les traités ni les promesses des Romains ne me trompent plus : je conserve encoi*e celui qu'il avait signé avec son faible frère. 0 gens infàtnig^! rien ne peut-il vous lier? êtes -vous envoyés sur la terre par un dieu vengeur, pour y répandre le carnage, la terreur et la mort? De quel droit avez-vous conduit vos légions dans la Lusitanie? Ne sommes-nous point aussi libres que les descendans des Romulus et des Numa? notre patrie n a-t-elle point d'enfans qui la vengent? Oui , vengeons des affronts répétés; vengeons tout ce sang répandu par d'infidèles bras. Que le Capitole tremble à notre nom; que le sénat s'abaisse; que Rome perde en une fois l'espérance de conquérir l'invincible Lusitanie ! Combien tardent ceux que j'avais envoyés lui prescrire les lois les plus dures de la guerre. Nourri dans la trahison, peut-être a-t-il voulu.... Mais, non; l'on respecte, jusque chez les peuples Jes plus sauvages , le caractère sacré d'ambassadeur. Reposons -nous de ces funestes soucis ; allons dans le silence méditer au bien de la patrie.

(Il Ta pour entrer dans sa tente, )

Page 1