SCÈNE XI
CORRODA, CURIUS, APIJLÉIUS, ORMIA,
ARISTÉA, Soldats.
CORRÛBA.
C'est contre sa coutume que notre héros se livre si longtemps à un profond sommeil. Voyons s'il dort.encoï», ou bien s'il médite. (Il s'avance wrs la tente. ) Mais quel «st ce sang qui sort en écu-^ mant de la tente? (// lève le rideau et aperçait le ca-davre de Viriaius étendu à terre et prisse de sa tête.) Dieu ! quelle perfidie ! . . .Venez, amis I . . . tremblez ! . . Un lâche assassin a tranche la tête du plus grand génie militaire... 0 douleur! ô deuil! ô Lusitaniens ! • . . ma patrie ! .. . Rome ! . . . quel crime ! . . .
( Les Lusitaniens arment consternes. )
35o LE CARACTERE DES LUSITANIENS,
APULBH)&
Quel est le traître? il cJoit ']pèrdre son infâme vie dans d'horribles tonrmens.
CURIUS
Que ma douleur excite l'implacable fureur de la vengeance ! Rome, notre ennemie, ne pouvait obtenir la victoire sur les LusitanicioB que par la plus basse perfidie.
Le père de la liberté h'iexiste plus.' u
ARISTÉA , versant aussi des larmes.
Tête he'roïque, qu'on a vue couronne'e mille fois, par les mains de la victoire , de lauriers qui ne peuvent se flétrir ; maintenant livide , renversée
à terre , tu appelles tes enfans à la vengeance.
GOBBOBA.
Oui, qu'à la douleur, qa'au tourment, qu'à l'angoisse, succède cette passion. Que le sang du plus grand des mortels soit vengé. Qu'il soit vengé celui qui ..vengeait nos injures. Sublime Yiriatus , c'est du Styx que j'évoque ton génie. Viens > répands dans nos cœurs cette bravoure, cette saga^ cité , cette constance , toujours fatales à nos agresseurs. Tu sus humilier, dans leur vol hardi,, des aigles toujours prêtes à la rapine; tu as déjoué des plans dévastateurs ; tu as été notre maitre ! C'est en suivant avec intrépidité ton exemple que nous avons souvent mis en déroute ceux que l'on regardait dans le monde comme invincibles. Àh ! si le perfide Galba , si l'infidèle Servilius apercevaient mainte-