‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 215 sur 292 · ACTE V, SCÈNE XI. 35i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XI. 35i

liant cette tête dégouttante de satig , et conservant / malgré la mort, un aspect terrible , on les Terrait trembler d'un glacial effroi I Quel assassin a osé toucher d'une main sacrilège ton front vainqueur ? ( // aperçoit la lettre ensanglantée y et la relève. ) Teint dans le sang , et dans un sang précieux y je vx)is maintenant ce papier qui déclare une guerre interminable à Rome* !..(// lit y et safigure exprime Ihor^ reur et la surprise.) 0 la plus noire et la plus cruelle des perfidies! Sachez, Lusitaniens, que le vil Distaléon, que le faux Minurus, achetés par Servilius, ont donné la mort à notre protecteur. Une lettre , écrite par Mécipsa , qui déteste le crime , quoiqu'il soit l'allié des Romains , indique quels ont été les coupables. Oui, volons sur les pas de ces monstres; il faut les arracher des bras sanguinaires de Servilius. Leur supplice doit réunir tous le*s horribles tourmens qu'ont pu inventer les tyrans les plus durs. Ils n'étaient point nos compatriotes; s'ils l'eussent été , ils auraient respecté le père des Lusitaniens. L'ambition et la perfidie, qui enfantent tant de crimes, n'entrent point dans le cœur de ceux-là. Allons , amis , rendre au père de la patrie de pompeux honneurs funéraires. Autour du respectable ]3Ûcher, qui ne peut nous rendre que les cendres d'un homme devenu immortel dans nos cœurs, immolons aux dieux du royaume sombre tous les Ro- * mains devenus nos esclaves ^^. Si leurs mânes parjures rencontrent sur les rives effrayantes de l'Achéron leur noble vainqueur , qu'ils lui disent en tremblant : «Notre sang, seigneur , a été le prélude de la vengeance que les Lusitaniens ont tirée de la trahi-

35a LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS , ACTE Y, etc. son la plus exécrable. >i Et vous, fils de la patlrie, qui laissez couler sur tos visages les larmes les plus justes, soyez toujours la terreur de ceux qui, déyo*rés d'une fatale ambition, ont youlu conquérir votre territoire : qui est esclave est vil. Sans la liberté, l'homme cesse d'être homme. C'est en jouissant de ses droits qu'on peut avoir dans le monde le respect, l'admiration, l'honneur, un caractère.

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