FIN DU CINQUIÈME ET DERNIEB ACTE
SUR LE CARACTERE
DES LUSITANIENS
^*) « La race infâme de ces bétes saus>ages. * Ce mol Aebéies sau\fages revient sî fréquemment que je me suis permis de le ch&nger eu quelques endroits. :
(a) Distaléon et Minurus étaient deuk capitaines chargés de commander les tribus de leui^s concitoyens au service de la LnsiUnie; le premier était à la tête de Titiens , le second con-' duisait les Vacques.
C^) Ce morceau a de la chaleur , de la force et de l'harmonie ; mais, comme je Tai déjà dit , il est trop loug. Les circonstances' historiques y sont rapportées avec la plus grande exactitude ; ainsi que dans la tirade suivante. Le serment prononcé sur le corps de la jeune fille eut lieu. Apres être entré dans la Garpentanie, et avoir .porté la désolation dans tous les lieux qu'il parcourait, Yiriatus ratifia le serment qu'il avait fait, en sacrifiant un prisonnier et un cheval sur l'autel de Mars; ayant trouvé , dit-on , dans les entrailles de ces deux victimes des augures favorables, les soldats passèrent devant' l'idole, plongèrent leurs' mains dans le sein du malheureux, exécutèrent la même action sur le corps de l'animal*, et jurèrent d'en agir ainsi à l'égard des Romains. ^
Pag. 272. ( Lin. ) « La route de la valeur ne sépare point la différence des. sexes. »
C4) Il y avait encore un autre traître avec Distaléon et Minurus ; c'était un certain Aulaces , chef d'une troisième peuplade.
C^) Les traîtres ne reçurent pas après leur crime l'accueil qu'ils attendaient de l'infâme Servilius , qui leur tint un tout autre langage que cehii qu'il avait employé pour les séduire.
Théâtre Portugais. 23
C8) Ils égorgèrent en effet , oomme le rapportent plusîears auteurs , ies prisonniers de l'armëe romaine y et ils brûlèrent le corps de leurs héros avec une pompe inconnue jusqu'alors parmi eux. On dremar au milieu de lu pls^ne une espèce de montagne de bois de différentes espèces , sur le sommet de laquelle fut placé le corps , revêtu de son armure; plusieurs étendards flotiâient sur ee fcAciier ; un dés prini:ipa«x préfres de la religion lusitanienne y monta , appela à grands cris et d'un ton lugubre l'àme des héros pour qu'elle vint jouir des honneurs qu'on lui rendait , puis il sacrifia quelques prisonniers avec le sang (desquels il arrosa les armes y' et il mit le feu ma bûcher qui fut consumé en peu d'instans.
J'ai dit dans la notice qui précède la pièce que l'épée de yinatus fut retrouvée^ vers le seizième siècle ; peut-être sera-ton curieux de savoir ce qye rapporte Faria à ce sujet dans son Europe portugaise « publiée en espagnol; je vais le laisser parler. H Ce fut , dit-il , sous le règne de Jean III, qui , prenant le sceptre en i Saille laissa tomber de sa main mourante en 1567, que l'on découvrit dana le district de Belas', à deux lieues environ de Lisbonne, près d'une maison de plaisance 9 appartenant â don Pedro Machado Carregueyon, lipmme d'une noblesse assez illustre , et connue à cette époque*, un cercueil de pierre » qui se trouvait au milieu de ruines bouleversées par des maçons. Il portait cette inscription :
ilic jadet F^iriatus Lusiianus dux.
A l'ouverture on vit briller la lame d'une épée chargée de caractères d'une grande proportion. Cette * arme fut vue d'un grand, nombre de curieux , même des infe^ns et d'autres personnages distingués par leur naissance ou pur leiK brâivouret mais ne sachant pas mettre un prix à cet inestimable trésor. Machado désirait le vendre ; cependant, ne trouvant pas d'amateur qui en donnât ce qu'il valait, il l'envoya en présent à un de ses parens» habitant de l'île de Madère. Ainsi disparut au bout de quelque temps ce qui n'était apparu qu'au bout de tant de siècles : il n'est pas plus resté mémoire de la signification de l'inscription que du cercueil de pierre brisé.