LE CHOEUR
Ou'orr entencle tontes le? voix Célébrer à l'envi notre jojeux délire , Et que tons les échos r^pëjtent à là fois
Les sons immortels de la lyre i Que pour mieux écouter nos sublimes accens , Se taisent à la fois et la terre et les vents.
Une salle meublée- de buffets et de chaises.
DON QUICHOTTE, que LE BARBIER rase, est assis ; LA GÔUVERP^ANTE et LA NIÈCE sont debout près de lui.
Monsieur le barbier, prenez garde, à la manière dont vous , ferez cette barbe , attendu que c'est la plus honorable qui existe dans toute l'Espagne , et qu'on peut se yanter qu'il n'y a pas dç geans dans le mondequt.osent.laregârd6r,inême du coin deFoeil : elle a toujours été terrible poiir eux.
3r»8 DON QUICHOTTE,
LE BARBIER
On le voit bien, puisque, par sa dureté , elle émousse le fil du rasoir.
Allons, maître, vous savez bien que cest une obligation attachée à votre office que de raconter les nouvelles du jour tandis que vous faites la barbe. Qu'y a-t-il de nouveau par la ville ? Que dit-on des princes de Fltalie, et du gouvernement politique de l'univers? Gomme j'ai été malade, et qu'il m'a fallu garder le lit pendant long-temps à cause de mes chevaleries errantes, je n'ai rien su.
/ LE BARBIER
Seigneur don Quichotte^ les nouvelles ne manquent point : on prétend que le Turc vient avec une flotte puissante désoler les mers, et que , tous les princes se disposant à lui faire une guerre offensive et défensive, on prépare en Biscaye un grand nombre de navires.
Pourquoi s'embarrasser de toutes ces machines? je leur donnerais un bon conseil avec lequel ils pourraient vaincre en moins d'une heure toutes les flottes ou les escadres des Turcs.
LE BARBIER
Et quel est-il , . dites-nous ?
Je ne veux pas parler , parce qu'il ne' manque pas d'indiscrets qui iraient faire connaître mes pensées , et gagneraient le fruit de mes travaux.