ACTE î, SCÈNE L
LE BARBIEA.
Bitéâ toujours; je vous promets, foi de barbier, qu'elles resteront enterrées sept vergés au^èssous delà terre, conime les pierres tombées du ciel ^^\
Sous la foi de cette promesse , qui est excellente ^ je me confierai à vous : que les princes envoient chercher quelques chevaliers errans , ils ne manquent point dans ndtre Espagne ; un seul d'entre eux suffira pour détruire mille flottes , aveô sa lance ou son épée.
LA GOUVERNANTE
Ah ! quel malheur, mademoisfsUe ! votre oncle est redevenu fou ; il croit encore qu'il existe des cheva^ liers errans.
LA l^IÈGE.
Que Dieu me pardonne , si Sancho Pança , qui lui fourre ces idées dans la tête, ne vient pas par-ici î
LA GOUVERNANTE, à pvt.
Alldns'trouver Samson Carrasco , et voir s'il peut lui tirer de la cervelle de semblables sottises.C'est un homme entendu !
LA NIÈCE
Allons.
( Elles 'sortent. )
LE BARBIER
Comment est-il possible ^ seigneur don Quichotte de la Manche , qu'un chevaljer enfant puisse dé^ truire un navire , et à plus forte raison une flotte ?
Pensez à votre trousse et à vos rasoirs , et ne cher-
Théàire Portugais, 2 A
37ÎÏ DON QDICHOTTE,
glorieux travaux que je mets à fin avec le secours
de Rossinante.
CARRASCO
Laisse-moi baiser tes pieds ^ ô fleur de3 chevaliers errans ! unique Alcide de nos âges ! Sors ^ sors , nonseulement une seconde fois, mais cinq cent quarante-deux I pour rendre l'existence au corps oublié de la chevalerie errante y pour la gloire du monde, pour rhonneup de la Manche , ta patrie.
Avouez-moi franchement ce qu'on dit de moi dans ce pays.
CARRASCO
Que peuvent-ils dire? que vous êtes un fou, mais un fou qui pousse quelquefois la vaillance jusqu'à la te'mérité, en entreprenant des choses impossibles ; ils pensent que madame Dulcinée du Toboso est un objet imaginaire, et qu'il n'existe pas une femme semblable dans le monde.
non QUICHOTTE.
Us ont raisoi) , le monde n'est pas capable de soutenir ce globe sphérique de beauté : c'est ainsi que r^i^- çs^ la patrie; 4^ l'étoile çharm^utç dç Vépus.
* ( <)fli eatf9^ on grtiid ^rnit dam IHotëricur; Sancho <;rie en se disputant avec la gou» vernante el la oièce : ce^ trois personnages p^rais^ent. )
iA HIECB et LA, GOUVERNANTE.
Tiii n'entreras pas, Sancho de Barrabas.
SANCHO
Est-çç quç par h^r4 je va\i& ai à,q\km UHfi pro-