ACTE I, SCÈNE IL
tflÉRÈiîE.
Sancho Pança , as - tu trouvé quelque mine ? qu'estrce que c'est, mon mari?
Ah! femme! unemine de glands ^'\Cette fois-ci nous n'aurons plus de parens pauvres. Je suis si content ! donne-moi une potée d'eau, je me meurs de plai^r.
LA FILLE
Mon petit papa , dites-nous ce que vous savez ; nous crevons dans notre peau du désir de l'apprendre. •
SANGHO.
Ce que j'ai, fille de mes entrailles? ce que j'ai , femme de mon âme? Ne voyez-vous pas que je suis déterminé à courir une seconde fois par le monde avec mon maître, le seigneur don Quichotte de la Manche? N'y a-t-il pas de quoi être satisfait?
THÉRÈSE
Mon mari, vous voulez vous arracher une seconde fois de mes bras Ç®^ ! Ah ! restez.
LA FILLE
Que Dieu vienne à mon secours! comment! vous allez encore avec ce don Quichote ? vous attraperez de bons coups dé bâton comme la dernière fois.
SANGHO. . ,
Taisez-vous , petite sotte : si j'y vais, c'est pour te chercher une dot afin de te marier ; et il n'y a pas de doute que, cette fois-ci, je ne récolte un trésor de mes péchés. Mon maître, le seigneur don Quichotte,
38o DON QUICHOTTE,
prétend en deux coups de palette me donner une ile à gouverner; vous pensez bien qu'e'tant gouverneur d une île, j'aurai autant d argent que de grains de millet , et que le blé sera aussi commun chez nous que la terre.
THÉRÈSE
Ah ! mon mari > si cela est ainsi ^ je t'engage à y aller sur-le-champ comme un trait; tu devrais y être déjà.
LA FILLE
Dites-moi , mon père , comment est l'île dont vous devez être gouverneur.
SAUGHO.
Cest la plus belle île qui existe ÈXir la terre ; Ton peut même dire qu'elle est immense , puisqu'elle a sept palmes de longueur sut deux de large: il y a un grand nombre d'orangers et de citronniers ^^^ ; mais ce qui me fait le plus de plaisir, c'est une promenade tellement remplie d'orties, qu'on voit rarement, dit-on, une semblable merveille : il y a surtout, au pied des murs, une planche de fleurs capables de vous faire perdre la tête par leur odeur; on remarque beaucoup d'aube-épine ; et cela est tellement sàlùbre, que la pfeste arrive chaque année. Quaint à la manière dont je dois être traité', je n'en parle point. Plût au ciel que je fusse déjà au milieu de toates ces magnificences! et^ si Dieu le permet , je marierai ma Sanchica à un gentilhomme. Entends-tu bien? tit peux compter qu^ tu iraS' an carrosse^ ou (fiie je ne serai pas Sancbo Pa(<iça.