‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 225 sur 292 · ANCH · texte numérisé non relu

ANCH

lose. Je déclare, pour la décharge de que je m'appelle Sancho Pança, et yec un bon caractère. Je déclare en îté marié dix-neuf fois, toujours |nté; item que de cette dernière

THERESE

, monsieur.

SANGHO.

3tte; n'interrompez pas le fil de

is enfans , dont Jes noms ne me

mstant; item je suis seigneur et

d'une foule de biens meubles et

emiers consistent dans deux ba-.

. deux autres plus petits pour

aées; et une persienne percée;

'chaises, dont le cuir s'en va;

oufïïet en bois , qui vient d'un

aux qui ont déjà du service. Ils

représentent , savoir : le premier, le monde à l'envers; le second, un navire fait par mon petit bonhomme; quant à l'autre; on n'aperçoit déjà pfus quelle peinture cela peut être; mais je suppose qu'elle serait excellente si 01? la voyait. Je possède encore un miroir pour ^^habiller, qui n'a pas d'étain ; un magot de la Chine , avec son tapis d' Arrayolos par-dessus; i7em une excellente couverture faite de morceaux^ qui me vient du Japon, et une autre qui m'arrivera du Jacqueijo ; item une très-belle toile d'araignée ; deux cueillères de fausse écaille ; un vase de nuit, elle reste de la batterie de cuisine. Occilpons-nrtus ihàintenant des biens immeubles» Je déclare qlie j'ai (Quelques habitations dans ma veste , item une treille, de joubarbe sur mon toit j item, deux vîases; l'un de hasard,, et l'autre qui a contenu de la rue, ce qiié l'on reconnaît encore à l'odeur ^*'^ Passons maintenant à mon bétail. En premier lieu j'ai un âne, dont le surnom est grisou; et je possède deux chiennes pleines. Je déclare que l'on ne me doit rien, et que je dois jusqu'aux cheveux dé la tête ; je laisse à ma femme tout ce qu'elle pourra détourner dansFinventaire; jeléguè à ma fille SaBcfaà lin boti cœur: quant à mes fils,' je ne leuV dt^nne-Hen, parce que, s'ils veulent, ils n'ont qu'à voler «îomme j'ai fait. J'institue pour mon légataire univetisel un Afaure des galères, à qui je demande qu'il fasse pour mon âmie ce que j'aurais fait pour la siettue. Passé eh tel lieu, tel jour du mois derniei!'.

LE TABEILIOK.

Allons I signet ici pâr-derrière.

AXITE I, SCÈME II* 3%

SAlTcHO^

Je ne veux pas signer de cette façoti ; je vous certifie que je ne signerai pas ainsi ^^^K

LE TABBLLION.

Mais il le faut; sans cela le testament ne vaut rien.

SANCHO

Et qu'est-ce que cela fait à personne qu'il ne vaille rien? Cela est singulier; de qui est-ce le testament? n'est-ce pas le mien? eh bic;p! je puis en faire ce que je veux. Femme, gardez bien ce papier ; prenez garde de le perdre ; il peut servir d'allumette; plions, adieu; embrassez^moi.

THÉRÈSE

Ah! cher mari, rappelez -vous votre famille; n'allez pas pendant la nuit , n'augmentez pas mes peines.

SÂNCHO.

Ma fille , je n'ai pas besoin de te recommander ton honiieur ; cest la meilleure dot que tu puisses avoir. Si pendant que tu es à la fenêtre quelqu'un t'envoie un baiser, ne manque pas de le lui rendre; jamais la politesse n'est perdue, entends-tu bien. Il ne faut jamais achever ce que l'on te demandera; c'est ainsi que tu auras toujours de la considération.

THÉRÈSE

Tu t'en vas déjà, mon cher Sancho? séparonsnous moins tristement.

Allons^ soit; je commence. Adieu ^ ma Thérèse chérie .

THERESE

Je ne puis avancer d'un pas.

SAIïGHO.

Adieu ^ cela ne sera rien.

THERESE

Oh ! malheureuse que je suis !

SANCHO

Viens, viens m'embrasser.

THERESE

Hélas ! je me sens évanouir ! Mais que vois-je ?

SANCHO

Chère amie (■'>!

THÉRÈSE

Ta rigueur te rend insensible?

SANCHO

I^leure donc 3eule , belle aurore ; je n'ai jamais pu me décider à pleurer au moment du départ.

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