DU LION
LE CONDUCTEUR, d'abord seul.
J'ai eu bien de la peine à conduire ce lion y à cause du mauvais état des chemins. Dieu veuille que je sois bien paye de mon travail.
' ( Don Quichotte et Sancno paraissent. ) , DON QUICHOTTE.
Sancho Pança, ne vois-tu pas cette masse qui sV vancé? Eh bien, ce n'est pas moins qu'une rare aventure sur laquelle nous pouvons compter.
SANCHO
Seigneur, ne croyez pas cela; tout ce. que vous verrez vous paraîtra une aventure. C'est de l'imagination que naissent lea causes.
Sancho , tu es fort en philosophie ; qui t'a pu enseigner cela ?
SANCHO
Moi-même; pensez-vous que je sois quelque ignorant? Savez-vous quelque chose de plus? c'est que dans 'cette cage il vient un très-beau lion.
4oi DON QUICHOTTE/
Un lion I Oh I Thomme au lion, je t'enjoins par les ordres de Dieu de laisser aller cet animal; je yeux le combattre ^ et c'est pour cela que je l'attends à la porte de sa cage.
(Don Quichotte met pied k terre. ) ^
• SANCHO
Adieu , pauvre Sancko , nous sommes dans une bell position. Ne yeut-il pas combattre aussi ayec les lions ?
LE CONADCTBOB.
Seigneur voyageur ^ je yous prëyîens que ce lion yient d'Afrique , et quîl est on ne peut pus plus féroce ; c'est un présent que le grand-turc enyoie à un gentilhomme.
Que m'importe à moi ^ le grand-turc et ce gentilhomme ? Tu peux choisir de ce& deux choses : ou je yais te tuer, ou tu yas lâcher le lion; le cœur me dit que c'est quelque géant déguisé.
SANCHO
Oh ! l'homme ! tenez-y la main ; ne lâchez pas ce lion qui n'a pas l'air trop bon.