MERLIN
Ainsi en ont ordonné les astres ^t le destin.
SANcrfb.
Eh bien I soyçz persuadé qu'elle demeurera enchantée per secula seculorum. Qu'elle soit en repos, je ne me fouette pour personne.
Sancho! cœur de pierre, âme de marbre, entrailles de caillou, ces larmes ne t'émeuvent pas! Reçois les étrivières, je t'en conjure, par ta propre existence, aie pitié d'une fleur qui, née à peine dans le jardin de la beauté , a trouvé sa perte au milieu des enchantemens.
SANGHO.
Je dis, moi,, que je ne veux point me, fouetter. Fouettez-vous si vous voulez, vous qui êtes un pénitent de l'Amour.
Mon cher Sancho , mon fidèle ami , laisse-toi donner les étrivières ; qu'est-ce que cela te fait? Ne me refuse pas une chose qui est entre tes mains.
SANCHO
Entre mes mains ^ je n'en conviens pas du tout ; elle serait plutôt^'sur mon derrière.
LA DAME
Qui n*est pas capable de recevoir trois cents coups d'étrivières , supportera encore moins le poids du gouvernement d'une île. Allez, vilain paysan, qui y regardez de si près ; et faites-vous autre chose que ce que vous devez, en exécutant ce que vous demande une dame affligée?
^ SANCHO
Madame, n'y a-t-il pas d'autre moyen? puisque je suis né pour être malheureux , que ces étrivières du diable arrivent. Ah! île fâcheuse, combien tu me coûtes. Seigneur diable , ayoK pitié de moi , je vous promets, si j'en échappe, un joli présent. (// reçoit des coups de fouet.) Un, deux, ^ingt, ah ! mon pauvre derrière ^^^^ !
Tais-toi, Sancho , tais-toi, j'y vais : tu es un fidèle compagnon.
SANCHO
Je ne sais ce que vous dites. Regardez, madame Dulcinée , regardez comme j'ai le dos pour l'amour de vous.