‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 280 sur 292 · LES VIOLONS · texte numérisé non relu

LES VIOLONS

Payez-nous, seigneur; nous e'tions ici pour jouer du violon.

SÂNGHO.

Ce serait payer des fouets au bourreau.

TOUS

Haro sur le gouverneur, qui ne veut pas iaous payer.

LE MÉDECIN

Haro sur le gouverneur, qui veut se tuer luimême. '

SANGHO.

A l'aide! ils veulent me laisser mourir de faim !

L'HUISSIER

Allons faire la ronde dans Me; il est déjà nuit.

SANCHO

Je ne veux pas faire la ronde; que le diable emporte File. Y a-t-il ici près quelque taverne?

LE GREFFIER

Allons-nous-en, et après nous vous donnerons bien à manger sans que le médecin ou le chirurgien en sachent rien.

SANCHO

Voyez bien ce que vous dites.

VHQI8SIER.

Vou$ pouvez vous fier à moi.

SAKCHO.

Allons faire la ronde* Mais attendez; si nous rencontrons quelques garnemens ^^'^ qui nous cassent le nez, quel compte pourrons - nous rendre de nos personnes ?

L'HUISSIER

Nous allons précisément pour les prendre.

SANGHO.

C est la même chose que si je disais : Tire-rmoi nn œil pour en crever deux à mon voisin. Non, monsieur ; laissez faire leurs farces à ceux qui les font ; s'ils ne peuvent s'amuser durant le jour, qu'ils le fassent pendant la nuit qui leur appartient f et que personne ne peut leur tirer de force.

L'HUISSIER

Allons, seigneur^ ou nous vous entraînerons hors d'ici.

SANGHO.

Allons ; mais observez que j'y vais comme quelqu'un que l'on emmène malgré lui.

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