‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 72 sur 292 · DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

DE L'AUTEUR

François Pizarre et Diego Almagro, Espagnols, inconnus dans leur patrie, mais doués cependant de cette valeur et de cette intrépidité qui caractérisent les auteurs de grandes découvertes , se sentant las. de me-^ ner une vie obscure , s'embarquèrent pour le Nouveau- Monde.

Ce métal qui bien souvent rend plus malheureux celui qui le possède que celui qui le désire, les engagea à entreprendre quelques voyages dans la" mer du Sud. Les trésors dont ils s'emparèrent dans ces expéditions excitant leur insatiable cupidité , ils découvrirent le Pérou en iSaS. Aidés de plusieurs aventuriers espagnols, ils s'emparèrent de l'île de Puna, qui leur facilita l'entrée de ce riche empire ; ils usèrent de leur première victoire en gens politiques : ils pardonnèrent aux vaincus.

Les Péruviens , effrayés par les oracles qui leur avaient prédit que quelque, jour ils verraient venir de l'orient des hommes barbus, d'un esprit terrible, maîtres des éclairs et du tonnerre , amenant avec eux des animaux indomptables, regardèrent les* étrangers comme fils du soleil. Alabalipa, empereur de cette vaste por-^ tion du Nouveau-Monde , s'intimida , en croyant voir dans leç Espagnols des hommes envoyés par le ciel

i3« NOTICE HISTORIQUE

afin de le punir* Il envoya auftsitôt vers les conquérans quelques émissaires chargés de magnifiques présens, en les priant de sortir de ses états. Pizarre répondit en hâtant sa marche sur Caxa-»Malca, oîi l'empereur s'était^ environné de quarante mille hommes* Après une courte négociation, Atabalipa consentit à le recevoir comme ambassadeur d'Espagne.

Un religieux, nommé Valverde, animé du même esprit que les autres Européens , et associé dans leurs découvertes, notifia au souverain, de la part du pape, qull eût à embrasser sur-le-champ le christianisme et à faire hommage de sa couronne à l'empereur de l'Orient, car c'était ainsi qu'ils désignaient tous Charles-Quint. II commença immédiatement à lui expliquer les dogmes de la religion catholique. Atabalipa, étonné de tant de choses nouvelles, lui demanda des preuves de tout ce qu'il affirmait; le missionnaire lui présenta la Bible; mais le monarque péruvien ne connaissant pas le langage de ce livre, et jugeant que la démonstration était insuffisante, le jeta à terre avec mépris. Valverde furieux, cria aux armes; Pizarre, prévenu, attaqua subitement les Péruviens , les mit en déroute au moyen des armes à feu , et s'empara de l'infortuné monarque à la vue de ses sujets épouvantés.

Atabalipa, arraché de son trône d'or et chargé de fers, offre en échange de sa liberté une des salles de son palais pleine de ce métal désiré avec tant d'ardeur ; rien ne satisfait les nouveaux conquéràns.

Pizarre et Almagro, mettant à profit l'abattement de la nation , accusent l'empereur d'avoir donné des ordres secrets pour que l'on assassine tous les Espagnols, ils forment un conseil de guerre, qui le condamne à être

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