‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 77 sur 292 · CAR. . V · texte numérisé non relu

CAR. . V

Fuis , belle Sémira , i^n pays devwu ta pi^ie àt la plus aveugle superstition; viens avecdnoi jowr d'un paisible climat , aux lieux où commande Oscar; dis aux tyrans que la soif de ce métal brillant ^ rér pandu chez nous par la nature libérale, a araene's des re'gions éloignées de la brillante aurore , qu'ils viennent t'insulter dans tes domaines; ton amant les provoque, nos flèches aussi savent blesser, Oscar ne craint que la foudre lancée par le ciel ,'il méprise ces armes que des naiortels ingénieux ont imbriquées'.

SEMIRA.

Oscar, toi que j'adore, n^aigris pas la vive douleur dont mon cœur est oppressé ; ne sépare pas dans ce moment terrible une fille chérie de ses parens bien-aimés. Entraîné par une fureur imprudente , ne cours pas au-deyant du malheur ; ne convertis pas cette terre , où résidait la paix , en un champ de mort et de carnage; notrç dieu, si ces conquérans ne sont pas ses fils, saura punir d'un bras équitable l'agression et l'imposture.

OSCAR

N'espère pas que le ciel enfante des prodiges sans que les mortels le secondent par leurs efforts. Honneur sacré, devoir, rel^iou, lois, amitié, tout exige une juste vengeance ; l'instinct puissant qui parle mêmp au cœur des animaux sauvages , et fait entendre sa voix in^përieuse pour la défense de tout ce qu'il y a de plus cher, la patrie, lesenfans, nos

.ife LA coNcytJÊTE ton iPËkou,

époux, cet instinct réveille notre valeur ; les plus sublimes passions dominent en moi. Sémira tremble; son cœur est assailli d'une terreur panique ; ces insatiables étrangers ont violé son auguste patrimoine ! son beau visage s'est déjà mouillé de larmes amères. • . Ah ! laisse à mon bras le soin d'exterminer les tyrans. Adieu , Sémira,

' (Il yettt partir.) SÉMIRA, U retenant.

. Oscar , mon cher Oscar , suspends tes pas ; ne précipite point dans un abîme de malheurs les Péru* viens : plus prudens, nous devons attendre .que nos agresseurs nous éclairent stir leurs destinées. Alors^ examinant peu à peu leur caractère , leurs coutumes^ l'emploi de leurs armes formidables, nous verrons si ce sont les fils du soleil , ou seulement des gens hardis.

OSGA B.

Les barbares ont déjà vu les peuples de cet empire consternés ; ils ont joui déjà d'un premier triomphe. Au bruit des effrayans tonnerres qu'ils ont forgés, les Péruviens se sont jetés à terre en tremblant- Quelques hommes courageux ont voulu lancer leurs ilèches, mais l'épouvante a désarmé leurs bras. Encouragés par ce premier essai, ils marchent vers Gaxamalca ^'\ toujours précédés des machines foudroyantes qui inspirent aux peuples la plus vive terreur. Notre apathie les rendra audacieux; elle fera qu'ils exigeront des conditions dures et insultantes. Si nous ne marchons pas à l'instant pour leur arracher des mains ces foudres ^contrefaites , si nous laissons la crainte s'emparer du coeur d'un peuple

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