‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 78 sur 292 · ACTE I, SCÈNE II. ' iS · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. ' iS

innocent , de maîtres que nous sommes dans ce pays^ nous deviendrons les esclaves de quelques tyrans que le hasard a conduit de l'Orient jusqu'ici.

PALIMA.

Mon cœur nourrit encore une douce espérance : je verrai peut-être la paix régner de nouveau dans les campagnes aurifères du Pérou. Le soleil s'est levé aujourd'hui riant et plein de beauté; rien n'annonce son courroux. Allons^ réunis dans le tepple, implorer son puissant secours. Nous avons droit d'exiger sa pitié : un esprit céleste , émané de luimême^ anime notre être; nous sommes ses enfans.

OSCAR

Que votre sexe délicat aille donc implorer dans le temple la divinité qui nous aime ; mais nous nous devons aller combattre sur le champ de bataille! Que des bras hardis écrasent d'une seule fois la race infâme qui veut nous dicter des lois. Placé au premier rang, je ferai voir comment on peut vaincre ou mourir maître de la liberté. Se livrer à une trop grande piété abat le génie dans son élévatioia. Quiconque n'a recours qu'au merveilleux porte un cœur faible dans le malheur. Ma chère Sémira , tes soupirs doivent attirer les secours du ciel. Le doux mouvement de tes yeux rendra favorable un dieu irrité. Va , messagère de paix , unir tes vœux aux vœux de cette mère. Vos vertus ne pourront pas implorer vainement. O^r, en invoquant Sémira au milieu de la bataille, sera toujours invincible; l'éclair foudroyant perdra sa force. Ces injustes et cruels conquérans seront vaincus par ce bras que tu dois animer.

i54 LA CONQUÊTE DD PÉROU,

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