‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 95 sur 292 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

à mes peuples^ quelle lumière est celle ^ù'il annonce^ quel arbre fécond il veut faire planter sur mon territoire par des bras lançant le feu.

PIZARRE

Si ce que tu achèyes d'entendre t'a étonné^, quelle sera ta surprise en apprenant que ce vaste '' pays est plongé depuis l'origine du monde dans une erreur malheureuse î Ce soleil qui dispense la luniière^lui qui parmi tout ce qui a été créé est l'objet le plus auguste^ le Dieu suprême, en organisant le monde , l'a tiré du Aéant d'un seul mot : Que la lu-^ mière soit faite , dit-il , et tout à couplé chaos éclairé, prenant une forme nouvelle , commença à former cette harmonie que tu observes dans le ciel , sur la terre et sur l'Océan. Par. l'empire de sa voix, il ordonna que les astres n'allassent point au delà de l'orbite prescrit; que la terre solitaire, agreste et sauvage, devînt riante et productive : il créa les animaux de la même manière. Quand il forma l'homme de ses mains, il donna à celui-ci une compagne de sa propre chair, en ordonnant aux générations de se multiplier comme les grains de sable de la mer, comme les étoiles du firmament : la terre était alors la demeuré des plaisirs de l'innocence et de la paix. 0 jour de disgrâce, oh ! combien dura peu cette félicité I Un ennemi superbe et rebelle , que Dieu de son bras puissant avait précipité du ciel avec ses semblables, sortant des abîmes ténébreux, porta envie à l'homme qui jouissait des plus grandes faveurs de l'Être Suprême. Far des paroles trompeuses et séductrices , il entraîna nos premiers pères, et les rendit rebelles aux

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préceptes que Dieu leur avait imposés; il suscita kt guerre continuelle des passions ,. leur fit sentir le puissant désir d'imiter son crime ; et, dans un fruit à jamais fatal à la génération des hommes ^ il ren-* contra le moyen d'exercer son atroce perfidie. Il leur dit adroitement : Si vous le mangez, vous serez, égaux à la Divinité. C'était un fruit défendu , et par cela même il devint plus désirable à nos faibles et malheureux parens. Infidèles» à leur parole, ils tombèrent dans le piège : ils mangèrent ce qu'on lemr présentait , et à l'instant la faim , la nudité , le crime , la mort , se filment sentir. Dieu descendit sur la terre au milieu de nuées obscures inspirant . la' terreur : il appela d'une voix irritée notre père qui se cachait. Le malheureux mortel vint en trem^blant , pleura de honte et d'af&iction. Le Dieu sévère, en lui reprochant ses crimes, lança les matîx que l'humanité supportera éternellement : à l'instant un ange , armé d'une épée de feu , chassa l'homme faible du lieu de félicité qu'il habitait. Les générations s'accrurent , les vices s'accrurent aviec . elles , les passions fougueuses et sans frein erraient sur la terre : les hommes offrirent leur culte infânie même à des animaux. Dieu , rempli de fureur, ne pouvant plus supporter le délire impie de ces mor-* tels , fit tomber du firmament obscurci un fatal déluge qui couvrit le monde : il ne voulut sauver qu^ le juste Noé , avec ses fils et leurs femmes , sur une arche flottante et imn^ense , construite par son ordre long-temps auparavant. De nouvelles nations couvrirent bientôt la terre marécageuse , et cette race reçut de Dieu une loi écrite. Ces préceptes sa-

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