‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 96 sur 292 · ACTE II, SCÈNE VIÏI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIÏI

crés , preuves évidentes de l'afTcfction qu'il portait au: peuple qu'il avait choisi , ces miracles efFrayaniS qui remplissaient de terreur, rien ne suffit pour contenir la fureur des passions insensées : tout cela était le fruit du fatal héritage d'un père rebelle. Dieu avait créé dans le ciel un lieu où l'homme juste trouvait d'éternels plaisirs } mais lorsqu'il vit ses humains Conjurés contre lui, d'une main écfuitable il leur en ferma l'entrée. Dieu était offensé, et Dieu voulait éteindre la race ingrate des hommes; cepen-^ dant comm€ l'offense était immense, infinie, l'homme fragile ne pouvait point seul la payer. Vois mainte-^ nanti Âtabalipa, dans ton étonnement, les effets dé l'amour d'un Dieu plein de clémence : de son essence divine il engendre un fils égal à lui, ayant ses mêmes attributs; ce fils est celui qui s'offre en sacrifice afin d'expier les crimes des humains. Le Père y consent; et quand il descend sur la terre, • c'est pour prendre fa figure des mortels avec leur misère. Il vient dans la pauvreté combattre d'un bras courageux l'orgueil qui assujettissait le monde ; il vit quelques années en instruisant les hommes^ en leur préchant une douce morale, en les rendant dociles, amis entre eux, bienfaisans et vertueux. Le temps écrit par l'esprit tout-puissant où il devait livrer son corps à la mort arrivant enfin, *la perfide nation qu'il avait tant aimée se conjure hautement contre lui ; une troupe odieuse le vient prendre dans le jardin où il adressait ses prières au Père éternel : l'agneau ne résiste pas aux loups menaçans. Livré à d'affreux tourmens , il ne répond rien en présence de ministres impies, à leurs viles accusations, et il

i8o LA CONQUÊTE DU PÉROU,

est condamiië à une mort infâme. C'est sur la mon^. tagne Golgotha que , suspendu à un bois à jamais auguste , il consomme la rédemption de la race hu-: maine, en offrant à son père son sang et sa vie pour les crimes des hommes : il demeure trois jours dans la sépulture^ quand^ rappelant à lui la substance éternelle de la Divinité^ il soulève glorieusement la tomba pesante^ et se présente impassible sur la terre aux yeux des hommes : il y passe quelques jours » ne visitant que ceux qu'il avait choisis. Montant au sommet d'une haute montagne oii se voyaient sa^ majesté et ses triomphes, prenant enfin congé des amis qu'il laisse pour un moment sur la terre , il commence à s'élever peu à peu au milieu des nuées éclatantes, se cache aux yeux des mortels absous 9» et va s'asseoir sur un trône majestueux à la droite du Père , après avoir vaiucu la mort. C'est ainsi qu'il a brisé le sceptre d'un rebelle ennemi; il nous a ouvert dans toute leur grandeur* les portes du ciel; il nous a fait héritiers de cette gloire immortelle qui n'a point de prix : qui ne le connaît pas n'a point de droit à la patrie du bonheur, et demeure esclave du génie cruel qui a été vaincu. Vois combien tu nous dois , combien de périls nous avons méprisés pour t'apporter la lumière de l'Evangile. Toi et tes sujets, une fois régénérés dans les eaux du baptême^ détestant le culte que la stupidité a adressé au so-* leil, vous aurez une place égale dans la région éle* vée où mon Dieu t'appelle par ma voix ^^m

ATABALIPA.

On ne détruit pas en un instant dans le cœur

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