‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 112 sur 310 · ACTE II, SCÈNE II *5i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II *5i

pu n dues! Mais, même tardif, le jour du repentir est toujours beau, et une vertu sans récompense n'en a que plus d'éclat. Eh quoi! Rome ne retrouverait-elle en vous un cœur digne d'elle qu'autant que ce retour à la vertu vous serait nécessaire pour apaiser une amante {î)?Non ; soyez grand pour vous-même, pour votre nom, pour votre patrie: jouissez de tout ce que je puis tous donner, de mon estime pour votre vertu, des droits que vous ave?acquis à mes regrets ; mais oubliez un temps évanoui pour toujours.

Mes craintes se sont donc réalisées! Je suis puni, vous n'êtes plus libre!,.. Un autre a reçu vos sermons ?

VIRGINIE

11 fut un temps ou Àppius m'a dédaignée, et ou (orgueil et l'ambition régnaient seuls dans son âme,

Arrêtez, cruelle! ne me dites point ce que je ne sais que trop, et ne me reprochez pas mon malheur! Mais toi!„- as-tu pu si facilement changer de senti mens, et sacrifier A anciennes promesses à des sermens nouveaux? Tu lisais dans mon àme, ton cœur connaissait le mien , et cependant tu as pu croire qu'il me serait possible de l'oublier; que criminel pour toujours envers toi, envers ma patrie, je ne pourrais être rappelé par toi à la vertu/ Rends-moi, rends-moi ce que j'ai perdu, ta main et mon repos. Quel est le téméraire qui ose me l'enlever ? qui me prive de ma récompense au ma*

i5a VIRGINIE,

ment oà peut-être j'en e'tais le plus digne? quel

est-il?

VIRGINIE, atec émotion.

Permettez-moi de taire son nom.

Non : en quelque lieu que tu veuilles me fuir, je suivrai tes pas; mes cris te poursuivront jusqu'à ce que cet objet de ma vengeance me soit connu. Lie traître !

VIRGINIE, irec drfpit.

Seigneur !... il ne mérite point ce nom!

Il trouve donc aussi en vous un défenseur ! Ah ! perfide, je t'entends;... tu l'aimes. Vous êtes heureuse ; mais connaissez-moi,... et tremblez. Ce n'est point à Appius qu'on peut impunément témoigner du mépris. Peut-être un jour je m'affranchirai, par l'oubli de la puissance, de ces yeux auxquels ma faiblesse attachait trop de prix. Mais te céder à un autre ! voilà ce qui m'est impossible. Mon bras atteindra son cœur, quelque sombre et cachée que soit sa retraite.

VIRGINIE

Il ne se cachç point et ne craint rien; le nom qu'il porte ( puisqu'enfin je suis forcée de prendre sa défense ) pourrait peut-être flatter mon orgueil ; il n'est point du moins le tyran de sa patrie. Mon père , opprimé par vous , trouve en lui un protecteur, utt ami; et quoique l'amour ne forme pas nos noeuds, il n'est peut-être pas exclu pour toujours de cette union.

Gooçle

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