ACTE IV, SCÈNE V
pable. Malgré les malheurs de mon père, malgré les tourmens que j'endure.... frémis et rougis pour ton amie.... Mon criminel tyran.... je.... l'aime encore.
JULIE
Virginie, rappelez votre vertu, voire noble courage, et souvenez-vous des devoirs que vous imposent un père, un époux.
VIRGINIE
Un époux!... Cruelle amie, tu lis dans mon cœur, et tu peux prononcer ce 110m odieux!
JULIE
Quel avenir je prévois pour vous !
VIRGINIE
Ne crois pas , Julie , qu'oubliant le devoir et l'honneur, je sente une joie secrète de mon horrible penchant ; il ne peut te paraître plus affreux qu'à moi ; mais je le combats et veux le surmonter. Malgré sa force , la victoire restera à mon père , à ma patrie ; toute faiblesse doit céder devant leurs droits sacrés, et leur ennemi est le mien pour toujours» Mais aussi, quand je leur sacrifie mon bonheur , qu'il me soit permis de me consacrer entièrement à eux et à mon désespoir. Qu'un père ne me force point à me soumettre au joug de Sicinius, et qu'indifférent pour les tourmens qui déchirent le cœur de sa fille f il ne paie point de mes larmes sa dette envers un ami. Si tel doit être mon sort, la mort sera mon refuge.
JULIE
Votre père s'avance vers nous.
i«8 VIRGINIE,