SCÈNE V
ÉRIC, FOLKE JARL, FALE BURE, suivi de trophées.
FOLKE JARL.
Viens, Bure ; tu apportes à ton roi la nouvelle de la victoire.
ÉRIC
Quel sang a été épargné? à qui appartient la gloire de ce jour? Sune Jarl vit-il encore? Sverker a-t-il cherché son salut dans la fuite pour passer dans le repos le reste des jours qui lui sont comptés?
FALE BURE
Prince , ton ennemi a été frappé d'un coup mortel ; le char de son triomphe s'est changé en un cercueil : on l'apporte en ces lieux; il respire à peine; son regard exprime tour à tour la fureur et les angoisses de la mort. Il vient devant toi pour te braver jusqu'à son dernier soupir.
ÉRIC
Qu'on l'amène, et qu'il satisfasse une vengeance impuissante ; il verra les larmes que son malheur me fait répandre. Mais Sune vit-il encore?
FOLKE JARL.
Dis-nous d'abord s'il s'est rendu digne de la clémence du roi.
FALE BURE
Qui en fut jamais plus digne ? J'ai prononcé sa
Théâtrt Suédois. 20
3o6 SUNE JARL,
condamnation , et rends avec joie aujourd'hui témoignage à la gloire dont il s'est couvert. C'est lui qui a rallie' nos troupes prêtes à fuir, lorsque Sverker, et les soldats rebelles qui l'avaient suivi , faisaient retentir les airs du nom de Sune , et s'avançaient sans obstacles jusqu'à nous : il a rallumé dans nos cœurs un courage prêt à s'éteindre. Nous avons suivi le héros, qui n'a été reconnu qu'au moment où le jour nous montrant notre victoire, nous a montré aussi Sune Jarl. Les runes de Gestilren conserveront la mémoire du nom de Sune Jarl , et le préserveront de l'oubli des temps. Ma main a servi ma colère; le perfide ami de Sune, Gunnar, est tombé sous mes coups.... Pourquoi n'ai-je pas aussi atteint le cœur de Sverker ?. . 11 semblait me fuir : le sort l'a conduit au milieu de nous pour périr de la main de son gendre.
ÉRIC
Que de crimes engendre la guerre civil*, et à quel prix me faut-il acheter la couronne!
FOLKE JARL.
La tranquillité de ton royaume les expiera tous.
FAXE BURE.
Ton fils a rempli ses destinées. Le combat fini il revenait ; il aperçoit près de la porte du château un guerrier inconnu qui, tendant son arc, lance contre lui une flèche qui s'égare dans les airs. Alors le fer à la main il se précipite sur Sune et le provoque avec audace, ce Tire ton épée , » lui crie-t-il, « je » ne suis point encore vaincu. » « Meurs, » répond