‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 222 sur 310 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Sune, « et que ce fer te fasse connaître la force de » mon bras. » Il tombe. Quel spectacle ! Sverker nous déco uTre son visage. « Viens, mon fils, » dit-il à Sune, « je remercie le ciel de ce qu'il s'est vengé » en me punissant d'avoir violé le serment que je » t'avais fait : mon sang a tout payé ; je meurs entre » tes bras. Je voulais te sauver; le sort n'a pas » voulu accorder une vertu à Sverker, et a tout » donné à Éric. En me sacrifiant tu nous a servis » tous deux. » Sune Jarl au désespoir, cherchant à étancher le sang de Sverker, le presse avec force contre son cœur. Je n'en ai pas vu davantage , et me suis hâté de venir t'annoncer la victoire. Sverker me suit, accompagné par sa fille et par son gendre.

ÉRIC

De combien de nuages ce jour est obscurci ! SCÈNE VI.

ÉRIC, FOLKE JARL, FALE RURE, SVERKER porté sur un brancard, HÉLÈNE, SUNE JARL, CÉCILE.

SUNE JARL, son tfpee nue à la main , est retenu par Hélène.

Hélène ! laisse-moi mourir et mettre un terme à mes tourmens; pourquoi retiens-tu mon bras?

Cruel! veux-tu verser encore un sang qui m'est cher? Ah ! vis, et laisse-moi fuir.

SVERKER.

Faut-il que mes derniers momens soient troublés

3o8 SUIIE JARL,

par des pleurs et des cris? Sachez que c'est un Sverker qui meurt. Viens, Sune, viens, Hélène, ma mort consolidera les noeuds qui vous unissent. {A Hélène.) Je te donne un époux pour remplacer un père, (à Sune Jarl) et à toi mon sang royal pour être son de'fenseur. J'ai forcé ta main à terminer mes jours, l'ombre de Sverker ne viendra point troubler ton repos. (Il se soulève sur le brancard. -r- A Éric.) Mais, Éric, mon spectre sanglant te poursuivra du trône jusque dans les bras du sommeil. Crois-tu que des larmes puissent apaiserinon sang ? J'oublie que ta race nous a ravi la couronne ; mais je n'oublierai jamais que notre querelle m'a rendu criminel et barbare, qu'elle a changé mon caractère. Je ne remonterai donc point au trône de Suède! Lorsque je portais le sceptre et gouvernais ce royaume, la crainte de le perdre a causé mon premier crime ; pour le reconquérir, quels forfaits n'ai-je pas commis ? (Il s'arrête un moment, et continue. ) Mais ces forfaits n'ont-ils pas été commandés par la nécessité ? la race d'Eric ne m'en a-t-elle pas donné l'exemple? Tu as vaincu, fils d'Éric; le malheur est mon crime, le bonheur ta vertu.

( Il retombe sur le brancard.) FOLKE JARL, à Éric.

Dans sa haine impuissante, il veut noircir ta gloire.

ÉRIC, àFolkeJarl.

La haine qui règne dans son cœur le punit assez.

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