ACTE III, SCÈNE VII. 39c
NICOLAS
Oh ! oui , monsieur.
ROLLER
Mais il doit être pâle et bien maigre ?
NICOLAS
Comme cela.
ROLLER
Pauvre Guillaume ! combien tu as dû souffrir?
SVINDLER.
Tout est oublié dans ce moment.
ROLLER
Tu as peut-être souvent eu faim, tandis que j'étais dans l'abondance ; tu as eu soif, lorsque je savourais les meilleurs vins; tu auras couché sur la dure quand je me reposais sur l'édredon; tes larmes auront coulé, tandis que je me livrais à la joie. 0 mon fils ! mon cher fils ! comment réparer tous mes torts envers toi?
SVINDLER.
Ils le sont mille fois par cette larme , par cet embrassement.
( Il l'embrasse. ) ROLLER.
NicolasJ va chercher de mon vin. ( Nicolas sort. A Svindler.) As-tu des vêtemens? es-tu pauvre? Comment as-tu fait pour te tirer d'affaire jusqu'à ce moment? As-tu des besoins?
SVINDLER.
Je n'ai besoin, mon père, que de votre pardon ,
3c>a L'AVENTURIER,
de votre amour, et de votre consentement pour une
union qui me rendra le plus heureux des hommes.
ROLLER
Es-tu marié? Pauvre enfant! je te le pardonne aussi. Si ta femme est bonne, que î>ieu la bénisse ; si elle ne l'est pas, qu'il te donne de la patience.
SVINDLER.
Non, mon père, je n'ai point encore formé ces nœuds ; mais celle que j'aime est digne de devenir votre fille.
ROLLER
Choisis prudemment, mon fils ; sois sur tes gardes.
SVINDLER.
Elle n'est point riche.
ROLLER
Tant mieux ; tu n'as plus besoin de courir après la fortune.
SVINDLER.
Mais elle est belle.
ROLLER
Prends garde, Guillaume !
SVINDLER.
Elle a de l'esprit, de l'instruction.
ROLLER
Prends garde , prends garde , mon fils !
SVINDLER.
Le cœur le plus tendre, le meilleur.
ROLLER
C'est quelque chose, cela.