SCÈNE IL ASMUN, ODIN
ODFN.
Asmun, écoute -moi. Tes services te rendent digne de l'honneur que je t'ai fait ; mais, si je ne jugeais que ta conduite, je te le retirerais. Odin peut-il se fier à toi aujourd'hui? vois-tu en moi ton roi? es-tu mon ami ? l'animosité qui nous a long-temps désunis est-elle éteinte ?
ASMUN.
Me crois-tu donc assez faible pour me laisser éblouir par tes faveurs? crois-tu que les honneurs apaiseront un père offensé , et que les ruses de la flatterie me forceront à garder le silence ? Je m'arrête ; mais toi, barbare , qu'as-tu à me dire?
ODIN
Je suis étonné du langage que tu oses tenir après ce que j'ai fait pour te récompenser; j'attendais d'autres effets des hautes vertus d' Asmun ; mais le Scythe a toujours été sauvage et irréconciliable; c'est en vain qu'on espère le toucher par la bonté, et qu'on cherche à arracher de son cœur les semences de haine , il est sourd à la voix de l'amitié et insensible à la reconnaissance.
ASMUN.
Fils libre de la terre , il hait avec justice l'esclavage et la tyrannie; il méprise les honneurs et