‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 290 sur 310 · ACTE IV, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIII

son argent; invite-le ce soir chez toi, Caroline; j'ai promis de lui dire quel était l'époux choisi par madame Stricker; et le vieillard m'a semblé un peu curieux. Ensuite f cher Loepeld , nous parcourrons

nos tablettes.

loepeld,

Je le veux bien, monsieur; maïs nous aurons terriblement à faire.

FIN DD QUATRIEME IÎT UKRNJER ACTU.

L'AMANT AVEUGl

COMÉDIE EN DEUX ACTES De Charles LINDEGRE1NL

SUR

Vjette petite comédie sort aussi de la plume de Charles Lindegren.

C'est la seule de son théâtre où il se soit légèrement écarté des règles du système dramatique français. Le lieu de là scène change ici au milieu du premier acte. C'est une des moindres licences que se permettent les Allemands , et ce ne serait pas la peine de la relever s'il s'agissait d'un de leurs ouvrages. Mais la fidélité ordinaire des écrivains suédois à la loi des unités doit faire remarquer cette exception à leurs principes.

L'aveugle de Lindegren est aussi clairvoyant que celui de Legrand; l'un et l'autre ont imaginé cette feinte pour éprouver leur maîtresse. Mais les deux tableaux , outre qu'ils diffèrent

Thédtn Suédois. 27

par la fable, sont aussi fort dissemblables par la couleur.

Dans la pièce française tout se passe joyeusement : le principal personnage se console , en riant, d'être trompé ; il se divertit aux dépens d'une vieille folle et d'un rival ridicule, s'amuse de l'inquiétude momentanée de celui qui lui est préféré , et se venge de son ingrate en la plaçant dans une situation embarrassante et comique. La gaieté du style est parfaitement assortie à celle de l'action.

Dans la comédie suédoise, au contraire, l'amant aveugle ou du moins passant pour tel, est aimé , et comme le but de son épreuve est tout sentimental, son langage et celui de sa belle le sont également, mais à la manière germanique. Peut-être cette disposition à rendre les tendres impressions avec une simplicité sans naturel , et une expression un peu fade, est-elle commune à toutes les nations du nord. En France on veut qu'elles soient peintes sur la scène avec plus de vivacité et d'originalité , et l'aveugle Valérie vient tout récemment de prouver comment , dans une situation qui a quelque analogie avec X Amant aveugle, on peut être à la

SUR L'AMANT AVEUGLE. 4ic>

fois piquant et vrai , attendrir et faire sourire en même temps , et augmenter l'intérêt de l'action par une multitude de traits fins, spirituels , touchans et quelquefois profonds. Si la seule lecture de ce singulier ouvrage suffit pour en donner cette idée, qu'est-ce donc quand le prodigieux talent de l'actrice inimitable qui y joue le grand rôle y joint le charme de la plus complète illusion?

Quoi qu'il en soit, Lindegrena senti que, pour que sa comédie ne dégénérât pas en un petit drame trop sérieux, il devait faire contraster avec ses caractères graves et raisonnables des caractères propres à exciter le rire. Il a donc placé symétriquement , à côté d'un amant noble et délicat, un sot amoureux et intéressé; à côté d'une jeune personne modeste et sensible, une étourdie de l'espritle plus léger, et, près d'un père bon, sage et éclairé , une mère acariâtre, espèce de commère bourgeoise, pleine de superstition et de préjugés. Mais, dans les figures du second plan , il n'y a guères que celle de cette femme qui ait un peu de relief et dont la caricature ne soit pas totalement dépourvue d'effet et de vérité.

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PERSONNAGES

JERNBERG, riche propriétaire de forges.

BiADAME BARBE JERNBERG, sa femme.

^L^rn™ \ ï^rs filles.

CHARLOTTE, J

LE BARON HJELMSKOELD.

LE œRNETTE LEJONHARE.

BRAEDBOM , valet du baron.

UN LAQUAIS , personnage muet

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