LA LITTÉRATURE SUÉDOISE
Lorsque,* vers la fin du dixième siècle, le christianisme introduit en Suède y anéantit la religion d'Odin, les scaldes, dont cette mythologie avait seule animé les chants , cessèrent de se faire entendre. Durant tout le reste du moyen âge, rien n'y ressembla aux troubadours , aux trouvères , aux minnesingers que l'esprit de chevalerie avait suscités dans d'autres contrées de l'Europe. Il n'y eut que des moines composant des légendes et rimant des chroniques. On a cependant, sorties de leurs mains, des traductions tant en prose qu'en vers de quelques poëmes ou romans étrangers, tels que X Histoire divan et de Gaudiany celle £ Alexandre le Grand , le Livre de Charlemagne , les Aventures de Flore et Blanche/leur, celles d'Amicus et (TAmelius^ les Sept Sages , etc. ; mais c'étaient autant de fleurs que flétrissait le grossier contact des interprètes, et qui très-probablement n'ont jamais servi qu'à l'ornement et au divertissement des cloîtres.
Le seul ouvrage qui au milieu de cette nuit profonde ait jeté un rayon de lumière , est celui qui a pour titre , du Pouvoir des rois et de leurs ministres , dont L'auteur est demeuré inconnu. Le langage en est btute
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et sauvage , mais il exprime des idées plus saines et plus relevées que ne comportent les temps d'ignorance et de superstition de sa composition présumée. On ia fait remonter au quatorzième siècle ; mais cette opinion a trouvé des contradicteurs, et il est en affçt probable que l'écrit est beaucoup plus moderne.
Quoi qu'il en soit, on ne peut guère placer qu'à Té* poque de la réformation la première aurore de la littérature suédoise. La commotion que donna aux esprits, dans tout le monde chrétien, ce grand événement, se communiqua de bonne heure en Suède , et le mouvement en fut puissamment secondé par le génie d'un grand homme. Le besoin de l'instruction , aiguillonné par les controverses sur les nouvelles doctrines devenues populaires, appela l'attention de Gustave Vasa sur l'organisation des écoles ; mais ce ne fut guère que soùs le règne de son successeur que se développèrent les premiers fruits de ses soins.
Charles IX, prince non moins éclairé, fonda des lycées , et les premières cartes du pays furent dressées par ses ordres. Son fils, Gustave Adolphe, instruit dans tous les genres de connaissances par Skytte , qui avait puisé les siennes dans les universités d'Allemagne , donna plus d'éclat et d'étendue à l'étude des sciences et des lettres. Il créa des collèges dans tous les diocèses , il restaura l'université dlTpsal, dont l'érection remonte au treizième siècle, mais qui était tombée dans le plus déplorable état de décadence ; il institua celle de Derpt en Livonie, et il s'occupa du soin de faire traduire en suédois les meilleurs ouvrages étrangers.
Un règne encore plus glorieux pour les sciences et pour les lettres fut celui de Christine . Elle signala d'à-