‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 308 sur 310 · SCÈNE VIL Les précédens , JERNBERG, LE CORNETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL Les précédens , JERNBERG, LE CORNETTE

LE BARON, allant an-devant de Jernberg et l'embrastant.

Félicitez-moi, mon ami; j'ai recouvré la vue. Votre femme....

M"". JERNBERG.

C'est sa faute. Mon Dieu ! que s'est-il passé ici ?... J'en perdrai l'esprit.

LE CORNETTE

Vous y voyez, baron! est-il possible? On doit être bien étonné de voir lorsqu'on a été si longtemps aveugle. Et c'est madame.. ..

Um\ JERNBERG.

Qui, moi? Non. Le démon a tout fait.

LE BARON

Doucement , madame ; vous diminuez le prix de votre bienfait.

JERNBERG.

Je vous félicite de tout mon cœur, baron. Mais par quel le aventure. . . .

LIS BARON

Madame a bien voulu souffler sur mes yeux d'après l'indication d'un rêve; et son esprit. ...

M—. JERHBERG.

L'esprit impur, plutôt.

JERHBERG.

Comment, ma femme, je ne te connaissais pas le don des miracles !

LE BARON

C'est pousser la plaisanterie assez loin ; elle deviendrait insipide : il faut déclarer la vérité. Je n'ai jamais été aveugle, madame.

M-*. JEftNBERG.

Vous n'aVez jamais été aveugle? Quelle impiété ! faire l'aveugle , et entraîner les autres dans le péché !

LE BARON

Daignez m'en tendre, madame. Je n'ai jamais été aveugle; mais dès que j'eus vu Albine, je formai le dessein de mettre son cœur et sa raison à l'épreuve. De concert avec votre époux, j'ai pris la résolution de faire l'aveugle. J'ai trouvé dans Albine ce que je cherchais; la beauté, les grâces qui plaisent aux yeux , la sensibilité qui touche le cœur ; et, si elle me conserve encore l'intérêt qu'elle m'a témoigné quand j'étais aveugle , j'espère ne point voir rejeter l'offre de mon cœur et de ma main.

LE CORNETTE

Un véritable roman. Que vous êtes spirituel, baron! C'est une charmante idée, sur mon hon-

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