ODIN
artifice dessille mes yeux avec la promptitude de
l'éclair : tu aimes.... l'amante d'Yngvé.
POMPÉE
Dis plus : je l'adore ! Si la renommée ta fait un récit fidèle de ses vertus , de ses charines ; elle t'a dit en même temps ma faiblesse et mon excuse. Je connais les droits plus anciens qu'elle a donnés à l'amour d'Yngvé; mais le droit de l'épée est le mien, je saurai le conserver.
YNGVÉ.
Il ne manquait que ce trait au caractère du vainqueur de l'Asie. J'ai cru, Pompée, en entendant parler de ta gloire , qu'une âme telle que la tienne était au-dessus de semblables faiblesses; mais, si tu n'as point d'égard pour les droits d'un autre , si lès lois de l'honneur te trouvent sans respect pour elles, dis, crois-tu que Thilda oubliera ce qu'elle vaut? crois-tu que son cœur balançât un moment entre la mort et l'amour que tu lui demandes?
POMPÉE
Je crois qu'on devrait s'observer davantage dans ses discours devant Pompée. Ta témérité commence à m'importuner , chacune de tes paroles blesse mon cœur ; ne me parle plus d'Yngvé , et ne nomme plus son épouse , celle dont le sort et fa main dépendent d'une épée ; mais, si tu es son ami , retourne sur tes pas , vole vers les déserts où il vit oublié , annoncelui le coup qui le menace , et dis-lui que Thilda est le prix de la victoire , qu'elle ne voit plus avec répugnance l'offre de ma main, et qu'avant peu* la