‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 5 sur 310 · SUR LA LITTÉRATURE SUÉDOISE · texte numérisé non relu

SUR LA LITTÉRATURE SUÉDOISE

ouvrage hebdomadaire de critique et de morale , dans le goût du Spectateur anglais. Cette production se distinguait par tous les caractères propres à en rendre la lecture attrayante : elle annonçait dans Fauteur des connaissances variées, un esprit étendu et pénétrant, une saine philosophie, le talent de l'observation, un goût épuré, et l'art de donner aux idées même les plus communes une forme originale, et un tour d'expression piquant et nouveau. L'effet en fut tel, que les états en recommandèrent l'auteur à la munificence royale.

Ses travaux, prolongés pendant plus de trente ans dans toutes les autres branches des belles-lettres, firent, du temps où il a vécu , l'époque d'une brillante révolution dans la littérature nationale, et imprimèrent aux esprits un mouvement qui se communiqua d'un coté en montant jusqu'au trône, et descendit d'un autre côté jusqu'aux classes les plus médiocres de la société; ils excitèrent surtout parmi les écrivains L'émulation la plus active, et donnèrent aux talens une favorable direction.

Parmi les disciples de Dalin, qui après lui ont le plus contribué à perfectionnep la langue et le goût, à étendre le culte des muses , et à propager le feu sacré qu'il avait allumé , il en est trois qui méritent une mention spéciale : Kelgren , et les comtes de Creutz et de Gyllenborg. Le premier, sur la tombe duquel ses amis inscrivirent , Poétœyphilosovho, civi , amico , lugentes amici , acquit surtout de l'ascendant par le journal littéraire qu'il rédigea long-temps sous le titre de la Poste de Stockholm, et dans lequel il popularisa les vrais principes de la littérature et des arts , par une critique sévère mais ingénieuse et solide, et telle qu'on était

Page 1