Voyez les Voyages de Tavemier. Rouen, 1713, t. H, p
2. Voyez les Voyages de Gemelli-Careri. Paris, 1719, t. II, p. 200.
ventions humaines ils n'ont admis cpie celles qu*ont produites le fanatisme et la superstition.
Ces peuples sont fort endurcis au travail ; ils accoutument aussi leurs chevaux à la plus grande fatigue; ils ne leur donnent à boire et à manger qu'une seule fois en vingt-quatre heures; aussi ces chevaux sont-ils trèsmaigres, mais en même temps ils sont très -prompts à la course, et pour ainsi dire infatigables. Les Arabes pour la plupart vivent misérablement : ils n'ont ni pain ni vin, ils ne prennent pas la peine de cultiver la terre ; au lieu de pain , ils se nourrissent de quelques graines sauvages qu'ils détrempent et pétrissent avec le lait de leur bétaiï *. Ils ont des troupeaux de chameaux, de moutons et de chèvres qu'ils mènent paître çà et là dans les lieux où ils trouvent de l'herbe ; ils y plantent leurs tentes , qui sont faites de poil de chèvre, et ils y demeurent avec leurs femmes et leurs «enfants jusqu'à ce que l'herbe soit mangée, après quoi ils décampent pour aller en chercher ailleurs '. Avec une manière de vivre aussi dure et une nourriture aussi simple, les Arabes ne laissent pas d'être très-robustes et très- forts; ils sont même d'une assez grande taille et assez bien faits, mais ils ont le visage et le corj^ binilés de l'ardeur du soleil, car la plupart vont tout nus ou ne portent qu'une mauvaise cliemise ®. Ceux des côtes de l'Arabie heureuse et de l'île de Socotora sont plus petits; ils ont le teint couleur de cendre ou fort basané, et ils ressemblent pour la forme aux Abyssins *. Les Araj3es sont dans l'usage de se faire appliquer une couleur bleue foncée