‹ Chefs-d'œuvre littéraires de BuffonChapitre 40 sur 81 · Voyez les Voyages de Villamont, p · texte numérisé non relu

Voyez les Voyages de Villamont, p

-4. Vide Philip, Pigafettœ Indiœ Oricntalis part. prim. Francofurti, 1598, p. 25. Voyez aussi la suite des Voyages d'Olearius, t. II, p. 108.

\nïx bras, aux lèvres et aux parties leS plus apparentes du corps ; ils mettent cette couleur par petits points et la font pénétrer dans la^hair avec une aiguille faite exprès : la marque en est ineffaçable ^ Cette coutume singulière se retrouve chez les nègres qui ont eu commerce avec les mahométans.

Chez les Arabes qui demeurent dans les déserts sur les frontières de Tremecen et de Tunis, les filles, pour paraître plus belles, se font des chiffres de couleur bleue sur tout le corps avec la pointe d'une lancette et du vitriol, et les Africaines en font autant à leur exemple, mais non pas celles qui (temeurent dans les villes, car elles conservent la même blancheur de visage avec laquelle elles sont venues au monde; quelques-unes seulement se peignent une petite fleur ou quelque autre chose aux joues, au front ou au menton , avec de la fumée de noix de galle et du safran, ce qui rend la marque fort noire ; elles se noircissent aussi les sourcils. (Voyez V Afrique de Marmoly p. 88, 1. 1.) La Boullaye dit que les femmes des Arabes du désert ont les mains, les lèvres et le menton peints de bleu, que la plupart ont des anneaux d'or ou d'argent au nez, de trois pouces de diamètre, qu'elles sont assez laides parce qu'elles sont perpétuellement au soleil, mais qu elles naissent blanches ; que les jeunes filles sont très -agréables, qu'elles chantent sans cesse et que leur chant n'est pas triste comme celui des Turques ou des Persanes, mais qu'il est bien plus étrange parce qu'elles pdtissent leur baleine de toute leur force et qu'elles articulent extrêmement vite. (Voyez les Voyages de Lit Boullaye le GouZy

p. ai8.)

1. Voyez le» Voyaoes de Pieiro délia Valle. Rouen, 1745, t. H, p. 209.

« Les princesseSl et les dames arabes, dit un autre « voyageur, qu'on m'a montrées par le coin d'une tente, « m'ont paru fort belles et bien faites : •« peut juger par (( celles-ci et par ce qu'on m'en a dit que les autres ne le « sont guèft moins ; elles sont fort blanches, parce qu'elles « sont toujours à couvert du soleil. Les femmes du com- « mun sont extrêmement hâlées, outre la couleur brune (( et basanée qu'elles ont naturellement ; je les ai trouvées « fort laides dans toute leur figure et je n'ai rien vu en « elles que les agréments ordinaires qui accompagnent une a grande jeunesse. Ces femmes se piquent les lèvres avec (( des aiguilles et mettent par-dessus de la poudre à canon M mêlée avec du fiel de bœuf qui pénètre la peau et les (( rend bleues et livides pour tout le reste .de leur vie ; (( elles font des petits points de la même façon aux coins « de leur bouche, au côté du menton et sur les joues ; elles « noircissent le bord de leurs paupières d'une poudre noire « composée avec de la tutie, et tirent une ligne de ce noir u au dehors du coin de l'œil pour le faire paraître plus a fendu; car en général la principale beauté des femmes « de l'Orient est d'avoir de grands yeux noirs, bien ouverts « et relevés à fleur de tête. Les Arabes expriment la beauté « d'une femme en disant qu'elle a las yeuxM'une gazelle : <( toutes leurs chansons amoureuses ne parlent que des « yeux noirs et des yeux de gazelle , et c'est à cet animal « qu'ils comparent toujours leurs maîtresses ; effective- <( ment, il^'y a rien de si joli que ces gazelles; on voit « surtout en elles une certaine crainte innocente qui res- (( semble fort à la pudeur et à la timidité d'une jeune fille. « Les dames et les nouvelles mariées noircissent leurs « sourcils et les font joindre sur le milieu du front ; elles (( se piquent aussi les bras et les mains, formant plusieurs

u sortes de figures d'animaux, de fleurs, Ac. ; elles se « peignent les ongles d'une couleur rougWLtre, et les « hommes peignent aussi de la môme couleur les crins et 0 la queue de leurs chevaux ; elles ont les oreilles percées « en plusieurs endroits avec autant de petites boucles et « d'anneaux ; elles portent des bracelets aux bras et aux « jambes. » (Voyez le Voyage fait par ordre du roi dans la Palestine^ par M. D. L. R. , p. 260.)

Au reste, tous les Arabes sont jaloux de leurs femmes, et quoiqu'ils les achètent ou qu'ils les enlèvent, ils les traitent avec douceur et même avec quelque respect.

Les Égyptiens, qui sont si voisins des Arabes, qui ont la même religion et qui sont comme eux soumis à la domination des Turcs, ont cependant des coutumes fort différentes de celles des Arabes : par exemple, dans toutes les villes et villages le long du Nil, on trouve des filles destinées aux plaisirs des voyageurs, sans qu'ils soient obligés de les payer: c'est l'usage d'avoir des maisons d'hospitalité toujours remplies de ces filles, et les gens riches se font en mourant un devoir de piété de fonder ces maisons et de les peupler de filles qu'ils font acheter dans cette vue charitable : lorsqu'elles accouchent d'un garçon , elles sont (obligées de l'élever jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans , après quoi elles le portent au patron de la maison ou à ses héritiers, qui sont obligés de recevoir l'enfant et qui s'en servent dans la suite comme d'un esclave; mais les petites filles restent toujours avec leurs mères et servent ensuite à les remplacer*. Les Égyptiennes sont fort brunes, elles ont les yeux vifs'; leur taille est au-dessous de la médiocre, la manière dont elles sont vêtues n'est point du

i . Voyez le» Voyages de Paul Lucas. Paris, 1704, p. 363, etc. 2. Voyez les Voyages de Gemelli-Careri, 1. 1, p. 190.

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tout agréable, et leur conversation est fort ennuyeuse*; au reste, eljes font beaucoup d'enfants, et quelques voyageurs prétendent que la fécondité occasionnée par Tinondation du Nil ne se borne pas à la terre seule , mais qu'elle s'étend aux hommes et aux animaux ; ils disent qu'on voit, par une e5cpérience qui ne s'est jamais démentie, que les eaux nouvelles rendent les femmes fécondes, soit qu'elles en boivent, soit qu'elles se contentent de s'y baigner; que c'est dans les premiers mois qui suivent l'inondation , c'est-à-dire aux mois de juillet et d'août, qu'elles conçoivent ordinairement, et que les enfants viennent au monde dans les mois d'avril et de mai; qu'à l'égard des animaux, les vaches portent presque toujours deux veaux à la fois, les brebis deux'agneaux , etc. *. On ne sait pas trop comment concilier ce que nous venons de dire de ces bénigpes influences du Nil avec les maladies fâcheuses qu'il produit; car M. Granger dit que l'air de l'Egypte est malsain, que les maladies des yeux y sont très -fréquentes, et si difficiles à guérir qu^ presque tous ceux qui en sont attaqués perdent la vue; qu'il y a plus d'aveugles en Egypte qu'en aucun autre pays , et que, dans le temps de la crue du Nil , la plupart des habitants sont attaqués de dyssenteries opiniâtres causées par lès eaux de ce fleu^i^, qui dans ce temps -là sont fort chargées de sels ^.

Quoique les femmes soient communément assez petites en Egypte , les hommes sont ordinairement de haute taille*. Les uns et les autres sont, généralement parlant, de couleur olivâtre, et plus on s'éloigne du Caire en re-

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