Tableau de la liltéralure au xviir siècle, t. II, p
INTRODUCTION. v
relie de Vhomme, où tout, science et style, est d'un ordre si noble, si élevé, si délicat; puis vient l'histoire des animaux domestiques. C'est, en fait de style, ce qu'il y a, dans Buflbn, de plus étudié et de plus parfait. C'est là qu'il a porté le plus loin cet art admirable des nuances et cette richesse des expressions qui l'ont fait nommer le peintre de la nature. Pour les animaux étrangers, c'est sur des matériaux incertains, sur des mémoires, sur des notes sans vie, que Buffon travaille. Ici il peint ce qu'il voit. « Ses remarques les plus « utiles, dit Bernardin de Saint - Pierre , lui ont été « inspirées par les animaux qu'il avait lui-même étu- « diés, et ses tableaux les mieux coloriés sont ceux qui « les ont eus pour modèles, car les pensées de la nature « portent avec elles leur expression*. »
Le second volume commence par les deux Vues de la nature, ces deux morceaux où la plus haute éloquence, et la plus neuve, s'unit à ce que la pensée a de plus abstrait. C'est là qu'il examine, avec une étonnante profondeur, ce qu'est la nature elle-même, ce qu'est l'individu pris en soi, ce qu'est l'espèce, et que, toujours créant à la fois de génie la pensée et l'expression, il est, comme il l'a si bien dit de Platon : un peintre d'idées.
Les Vues de la nature sont suivies d'un des plus