VIII INTRODUCTION
« rageux, l'espèce d'intelligence qui la rend suscep- (( tible d'un fort attachement et d'une longue reconu naissance , sa vigilance enfin pour laquelle les anciens « l'ont rendue si célèbre : tout concourt à nous pré- (( senter l'oie comme l'un de nos domestiques les plus (( intéressants, comme il est un des plus utiles pour <c les usages multipliés auxquels elle sert, morte ou a vivante,.. »
Il y avait là bien du négligé, bien du lourd, ne fût-ce que cette dernière phrase :
« Tout concourt à nous présenter l'oie comme l'un « de nos domestiques les plus intéressants, comme il (( est un des plus utiles pour les usages multipliés auxc( quels elle sert, morte ou vivante. »
Et d'ailleurs rien de distingué, rien de vif, aucun de ces traits qui frappent, qui restent, qui font des réputations, qui ont fait la réputation de Y Histoire de Voie.
Voici Buffon.
« Dans chaque genre, les espèces premières ont a emporté tous nos éloges , et n'ont laissé aux espèces (t secondes que le mépris tiré de leur comparaison. « L'oie , par rapport au cygne , est dans le même cas <{ que l'âne vis-à-vis du cheval; tous deux ne sont pas « prisés à leur juste valeur : le premier degré de l'infé- « riorité paraissant être une vraie dégradation , et rap- « pelant en même temps l'idée d'un modèle plus parti fait, n'offre, au lieu des attributs réels de l'espèce
INTRODUCTION. ix
(f secondaire , que ses contrastes désavantageux avec « l'espèce première. Éloignant donc, pour un moment, a la trop noble image du cygne, nous trouverons que « Toie est, parmi le peuple de la basse- cour, un habi- « tant de distinction : sa corpulence , son port droit , sa a démarche grave , son plumage net et lustré , et plus tt encore son naturel social qui la rend susceptible d*un « fort attachement et d'une longue reconnaissance , tt enfin sa vigilance très-anciennement célébrée, tout « concourt à nous présenter l'oie comme l'un des plus tt intéressants et même des plus utiles de nos oiseaux « domestiques ; car, indépendamment de la bonne qua- « lité de sa chair et de sa graisse, dont aucun autre « oiseau n'est plus abondamment pourvu, l'oie nous tt fournit cette plume délicate sur laquelle la mollesse se « plaît à reposer, et cette autre plume, instrument de « l'esprit, avec laquelle nous écrivons ici son éloge. »
Enfin , au moment de l'impression , Buffon corrige encore, et, au lieu de : « Cette autre plume, instru- « ment de l'esprit , » il met : « Cette autre plume , « instrument de nos pensées. »
A propos du macareux, Bexon avait écrit : « Le « bec , cet organe principal des oiseaux , dans lequel « réside la meilleure partie de leurs facultés , de leurs « forces , de leur industrie. »
Buffon corrige très- heureusement, je veux dire trèsjudicieusement : « Le bec, cet organe principal des tt oiseaux, et duquel dépend l'exercice de leurs forces ,