‹ Chefs-d'œuvre littéraires de BuffonChapitre 9 sur 81 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

a J'ai fait ce que j'ai pu pour proportionner, dans « chacune de ces périodes, la durée du temps à la gran- « deur des ouvrages; j'ai tâché, d'après mes hypothèses, a de tracer le tableau successif des grandes révolutions * « de la nature, sans néanmoins avoir prétendu la saisir (( à. son origine et encore moins l'avoir embrassée dans « toute son étendue. Et mes hypothèses fussent-elles « contestées, et mon tableau ne fût- il qu'une esquisse « très-imparfaite de celui de la nature, je suis convaincu « que tous ceux qui, de bonne foi, voudront examiner « cette esquisse et la comparer avec le modèle, trouve- « ront assez de vraisemblance pour pouvoir au moins « satisfaire leurs yeux et fixer leurs idées sur les plus « grands objets de la philosophie naturelle. »

Après la grande vue qui nous a donné les âges du globe, la vue la plus heureuse, c'est-à-dire la plus féconde , est celle qui nous a donné la distinction des animaux des deux continents. — Cuvier l'appelle une découverte. « Les idées sur les limites que les climats, « les montagnes et les mers assignent à chaque espèce « peuvent être considérées, dit Cuvier, comme de véri- « tables découvertes qui se confirment chaque jour et « qui ont donné aux recherches des voyageurs une (( base fixe, dont elles manquaient absolument aupara- « vant^. » — « Ses idées, continue Cuvier, concernant

Page 1