‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 104 sur 121 · I Pi&AL. znx · texte numérisé non relu

I Pi&AL. znx

qu'à embellir son ftme des dons de la grftce et de la justice.

Rien ne change donc pour cette âme au lit de la mort. Son corps se détruit; toutes les créatures s*évanouissent; la lumière se retire; toute la nature retombe dans le néant; et au milieu de tous ces changements elle seule ne change pas ; elle seule est toujoufc la même. Que la foi, mes frères, rend le ûdèle grand au lit de la mort! Que le spectacle de Tàme juste en ce dernier moment est digne de Dieu, des anges, et des hommes! Cest alors que le fidèle parait maître du monde et de toutes les créar tnres : c'est alors que cette âme, participant déjà à la grandeur et à l'immutabilité du Dieu auquel elle va se réunir, est élevée au-dessus de tout : dans le monde, sans y prendre part; dans un corps mortel, sans y être attachée ; au milieu de ses proches et de ses amis, sans les voir et sans les connaître; parmi les larmes et les gémissements des siens, sans les entendre ; au milieu des embarras et des mouvements que sa mort fait naître à ses yeux, sans rien perdre de sa tranquillité : elh est libre parmi tes morts*; elle déjà immobile dans le sein de Dieu, au milieu de la destruction de toutes choses. Qu'il est grand , encore une fois, d'avoir vécu dans l'observance de la loi du Seigneur, et de mourir dans sa crainte I Que l'élévation de la foi se fait bien sentir en ce dernier moment de l'âme fidèle ! C'est le moment de sa gloire et de ses triomphes ; c'est le point auquel se réunit tout l'éclat de sa vie et de ses vertus. Qu'il est beau de voir alors le juste marcher d'un pas tranquille et majestueux vers l'éternité! et que ce prophète infidèle avait bien raison autrefois, en voyant Israël entrer dans la terre de promesse, le triomphe de sa marche, et la confiance de ses cantiques, de s'écrier : c Que mon âme meure de la mort des justes, et que ma mort leur soit c semblable'! »

Et voilà, mes frères, ce qui achève en dernier lieu de remplir l'âme fidèle, au lit de la mort, de joie et de consolation : la pensée de l'avenir , securitas de œternitaie. Le pécheur durant la santé voit l'avenir d'un œil tranquille; mais, dans ce dernier moment, le voyant de plus près, sa tranquillité se change en saisissement et en terreur. L'âme juste, au contraire, durant les

f Ps. Lxxxvn, 6.

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