‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 8 sur 121 · I. /oMiMfio mgacttÊti», Sap., rr, It · texte numérisé non relu

I. /oMiMfio mgacttÊti», Sap., rr, It

DE MADAME DE MONTAUSIER. t7

soufièrt de ces cruelles pointes de douleur qui percent le corps» qui déchirent l'âme, et qui épuisent en un moment toute la constance d'un malade. Dans la défiance où elle était de ses propres forces, elle avait souvent demandé à Dieu qu'il Fen délivrât : il semblait qu'il Feût exaucée. Hais si sa miséricorde a adouci la rigueur de sa pénitence, sa justice en a augmenté la durée; et il n'a pas fallu moins de force à soutenir cette longue épreuve que si elle avait été plus courte et plus rigoureuse.

En eflet, dans les maux violents la nature se recueille tout entière , le cœur se munit de toute sa constance : on sent beaucoup moins à force de trop sentir; et si l'on souffre beaucoup, on a toujours la consolation d'espérer qu'on ne souffrira pas longtemps. Mais les maladies de langueur sont d'autant plus rudes, que l'on n'en prévoit pas la fln. Il faut supporter et les maux et les remèdes, aussi fâcheux que les maux mêmes. La nature est tous les jours plus accablée; les forces diminuent à tous moments» et la patience s'affaiblit aussi bien que celui qui souffre. C'est ici que nous pouvons appliquer à notre femme forte ce que Salomon a dit de la sienne : AecinxU fortitudine lumbas suos*; qu'elle a ramassé toutes ses forces pour combattre cette langueur ennemie qui lui ôtait incessanunent quelque partie d'elle-même, et qui lui portait tous les jours quelque trait mortel dans le sein.

Une patience de trois ans a-t-elle jamais été plus égale ? La douleur a-t-elle jamais tiré de sa bouche ou de son cœur, je ne dis pas une plainte aroère, une parole de murmure, mais un seul mouvement d'impatience, une parole d'inquiétude? A-t-elle trouvé sa pénitence trop longue ou trop rigoureuse? A-tpclle cru que sa croix était trop dure ou trop affligeante ? Ames saintes devant qui je parle, accoutumées à porter le joug du Seigneur dès vos plus tendres années, élevées au pied des autels, à l'ombre de la croix de Jésus-Christ, consommées dans l'exercice d'une pénitence austère^ souffrez-vous avec plus de constance et de foi les peines que Dieu vous envoie? J'atteste vos cœurs et vos consciences, conservez*vous plus religieusement qu'elle la paix intérieure dans vos solitudes? Non, non : lorsque la

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