ACHILLE, IPHIGÉNIE
ACHILLE
Madame, je me tais, et demeure immobile.
Est-ce à moi que l’on parle, et connaît-on Achille? Une mère pour vous croit devoir me prier 1 Une reine à mes pieds se vient humilier!
Et, me déshonorant par d’injustes alarmes,
Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes! Qui doit prendre è vos jours plus d'intérêt que moi? Ah! sans doute on s’en peut reposer sur ma foi. L’outrage me regarde ; et, quoi qu’on entreprenne,
Je réponds d’une vie où j’attache la mienne.
Mais ma juste douleur va plus loin m’engager :
C’est peu de vous défendre, et je cours vous venger,
Et punir à la fois le cruel stratagème
Qui s’ose de mon nom armer contre vous-même.
IPHIGÉNIE
Ab ! demeurez, seigneur, et daignez m'écouter.
ACHILLE
Quoi, madame! un barbare osera m’insulter!
11 voit que de sa sœur je cours venger l’outrage;
Il sait que, le premier lui donnant mon suffrage.
Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux;