‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 117 sur 186 · I.A MLSKTTE · texte numérisé non relu

I.A MLSKTTE

» Cruelle et rigoureuse absence, Ab : que vous me coûtez de trouble et de soupirs I Vous m'enlevez l'objet de mes tendres désirs , Et vous ne me laissez qu'une vaine espérance Qui fait encor mes plus charmans plaisirs. »

C'est ainsi que Myrtil, amant tendre et fidèle, .\bsent d'Amarillis, exprimoit ses regrets . " Ce fut , dit-il , dans ces vastes forêts , Pour la première fois que je vis cette belle.

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L'éclat (le ses attiaits auroit charmé les dieux. J'en ressentis biciilôt la fatale puissance ; Et, dans ce dou\ transport, éperdu, sans défense, Ma liberté paya le plaisir de mes yeux.

Vous qui craignez une ardeur inquiète, Fuyez ses dangereux appas ; L'Amour, qui vole sur ses pas, Est garant de votre défaite.

Vos soins empressés, vos ardeurs, ■N'attendriront jtoint l'inhumaine.

L'insensible jouit sans peine D'un bien qu'elle ôte à tous les cœurs.

Mais, que dis-je? Pourquoi redouter de la voir? La liberté vaut-elle un si doux esclavage.' Venez joindie, bergers, vos vœux à mon hommage, Et sachez, comme moi, la servir sans espoir.

Chantez, résonnez, ma musette.

Élevez vos sons dans les airs ; Célébrez mon ardeur parfaite Et la beauté de celle que je sers.

Réveillez l'écho qui repose bans les anties de ces déseits ; Que les soins où l'amour m'expose Soient le sujet de vos concerts.

SUR SA PROCHAliNE MORT.

Bientôt la lumière des cieux

Ne paroîtra plus à mes veux ;

Bientôt quitte envers la nature ,

J'irai , dans une nuit obscure.

Me livrer pour jamais aux douceurs du sommeil. Je ne me verrai plus, par un triste réveil, Exposée à sentir les troubles de la vie. Mortels qui commencez ici-bas votre cours ,

Je ne vous porte point envie ; Votre sort ne vaut pas le dernier de mes jours.

Viens, favorable mort, viens briser des liens Qui, malgré moi, m'attachent à la vie;

Fiappe , seconde mon envie ; Ne point souffrir est le plus grand des i)iens.

Dans ce long avenir j'entre l'esprit tranquille ; Pourquoi ce dernier pas est-il si redouté? Du maître des humains l'étemelle bonté Des malheureux mortels est le plus sûr asyle.

CHKKS-D'OEl VHE FOETIOUES

MADAME DUDEFFANT.

La marquise Dudeffant (Marie de Vichy Chambrond) est née à Paris en ^ 697, d'une famille noble et militaire. Elle est morte en 1780, âgée de 84 ans.

CHANSON

Le ver à soie est à mes yeux L'être dont le sort vaut le mieux .

11 travaille dans sa jeunesse ; 11 dort dans sa maturité ; 11 meurt enfin dans sa vieillesse Au comble de la volupté.

Notre sort est bien difféient ; 11 va toujours tn empirant :

Quelques plaisirs dans la jeunesse ; Des soins dans la maturité ; Tous les malheurs de la vieillesse ; Puis la peur de l'éternité.

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