‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 139 sur 186 · A M. BAILLY · texte numérisé non relu

A M. BAILLY

DE l'académie des SCIENCES,

SUR SON HISTOIRE DE l'aSTRONOMIE ANCIENNE ET MODERNE.

O toi dont le savoir étonne,

Mais qui sais, en l'ornant de fleurs,

Instruire et charmer tes lecteurs,

Bailly, que la gloire environne;

Ton style enchanteur et profond ,

Des lauriers qui couvrent ton front ,

Te promet la triple couronne.

Le public déjà te la donne.

Du Musée où brillaient jadis

Mairan, Voltaire et les Corneilles,

La palme est due à tes merveilles.

Le Lycée , où nos érudits

Du vieux tems vantent les écrits ,

Garde un prix pour tes doctes veilles.

Dès long-tems tes noms sont inscrits

Dans la savante Académie.

Là , ton œil , que guide Uranie ,

Des fastes primitifs instruit ,

Lit dans l'oubli du tems qui fuit;

Et si ta sublime magie

A voir l'avenir te conduit ,

Sous tes crayons , malgré l'envie ,

Les traits peints au regard séduit,

Y prendront la forme et la vie ;

Une Sibylle le prédit ,

La prédiction est accomplie ,

Tout est possible à ton génie.

251) C.HEFS-D'OEUVRE POÉTIQUES

REPONSE A UN OCTOGENAIRE.

Dans l'hiver des ans , la paresse Engendre l'ennui , les regrets , Et tu demandes quels hochets Pourraient amuser la vieillesse?

Je l'ignore ; est-ce un jeu d'onchets?

Ta main tremblante a peu d'adresse Aurais-tu recours aux échecs?

Ta tête , hélas ! n'y peut suffire ; Et le charme des vains projets Sur un vieillard n'a plus d'empire.

Veut-il se délecter des mets Que sans besoin le goût désiie?

Son corps en souffre, et mille maux Le désolent tant qu'il respire.

Pour s'en distraire , s'il veut rire , Le mot ne vient point à propos.

Si près d'une belle il soupire, Elle en rit avec ses rivaux.

Pour goilter les romans nouveaux , Son cerveau manque de délire.

Le tems est passé de s'instruire.

En vain , par d'amusants travaux , Dans les ans passés veut-il lire , Ses yeux demandent du repos , Et des doux accords de la lyre Son oreille a perdu le son.

L'héritier, que son bien attire, Attend , pour jouir, qu'il expire.

Oui , quoi qu'en dise Cicéron , Le poids des ans est un martyre.

Un Nestor sur le double mont Rampe ou s'égare, et la sagesse Lui dit : Tes chants , hors de saison , N'ont plus d'attraits pour la jeunesse; Et pour danser un rigaudon , Tes jambes manquent de souplesse.

Tes amis, déjà chez Pluton, Ne peuvent calmer ta tristesse.

Que te reste-t-il?.... La raison :

Et peut-on rélléchir sans cesse?

FRAGMENT

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