SUR LE SÉJOUR DE PARIS
Marquis, je ne vois pas comment
Dans cette cité misérable.
Où le plaisir est un tourment,
Dont la fatigue nous accable ,
Tu peux trouver quelque agrément.
Des désœuvrés de nos ruelles
Préférerois-tu les pavots
Aux fleurs, aux plantes immortelles
Dont Mars ceint le front des héros?
Voudrois-tu , tristement tranquille ,
Des invalides de la ville Grossir le cortège ennuyeux?
Je sais qu'il est sur cette rive Une belle à deux yeux mourans Qui , sur la foi de tes sermens, Rappelle ton ame captive A ses premiers engagements.
Mais quoi! le cœur d'un militaire N'est avec nous que volontaire lit ne suit que ses goûts changeans.
Si quelquefois, quand Mars repose, Vénus a des soins obligeans.
Elle a le destin d'une rose , Qu'on oublie avec le printemps : Tels, appelés par la victoire, On a vu nos jeunes guerriers Quitter les amours pour la gloire, Et le myrte pour les lauriers.
Tous les peuples ont leur génie; Le nom sacré de la patrie Transporte l'ame de l'Anglais; Le Suisse commeice la vie; Du Batave dans ses marais Plutus anime l'industrie ; La volupté toujours en paix Séduit l'indolente Italie ; La gloire entraîne le Français ; Elle seule est la récompense, Le plus doux prix de ses travaux ; Gloire, c'est à toi que la France Doit le grand liomnie et le liéros!
QUI INVITAIT l'auteur A NE PAS s'aMUSER DE COLIFICHETS
ET QUI , POUR l'engager A LES MÉPRISER ,
LUI CITAIT LES EXEMPLES DE SAPHO , D'ELISABETH , etc.
Laissez-moi mes pompons, mes nœuds et mes aigrettes,
J'aime à symétriser tous ces colifichets;
Pour créer tous ces riens les femmes furent faites :
La mode dans leurs mains a remis ces hochets.
Ne nous disputez point ce frivole avantage
D'arranger avec art un chiffon élégant :
Le soir, dans un souper charmant,
(Car c'est là notre aréopage) Nous recevons le prix de ce joli talent ;
n sait nous attirer l'hommage
Du petit-maître et du pédant, Et fait parfois tourner la tête au sage.
Je crois que le sexe jaseur Ne doit pas envier le suffrage trompeur
Du fameux temple de mémoire -.
Sapho , par son luth enchanteur , Ceignit son front des lauriers de la gloire Et du léger Phaon ne put fixer le cœur ; Que gagne-t-on à vivre dans l'histoire ? Elisabeth fut roi ! voyez le giand bonheur ! Christine , bien moins vaine et bien plus sage qu'elle ,
Sous le poids de la dignité Se lassant de plier une tête rebelle ,
Sut abjurer la royauté, Et renonçant sans peine au titre d'imuiortelle.
Elle jouit en paix des droits de la beauté.
Le zépliir, par sa douce haleine, Vient caresser les fleurs qui croissent dans nos champs ; Le rossignol , par ses accords touchans, Fait retentir et les monts et la plaine ; Vous faites des vers séduisans :
Chaque être cède au penchant qui l'entraîne.