‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 170 sur 186 · LE PINÇON · texte numérisé non relu

LE PINÇON

ROMANCE

Dans le cristal d'une eau claire,

Un jour pinçon se mira :

Que d'attraits ! comme il va plaire !

Quelle beauté sera fière ,

Quand pinçon se montrera?

Pour qui sera sgn hommage?

Pour qui, dit il? quelle erreur!

Croit-on que pinçon s'engage?

C'est aux belles du bocage A se disputer son cœur.

Il prend l'essor, il s'élance, Va de buisson en buisson Étaler son élégance :

Mais, voyez l'impertinence!

Linotte siflle pinçon.

En vain il ciie à fauvette :

Regarde, remarque bien Ce plumage , cette tête !

Ah ! la surprise est complette ; Fauvette n'admira rien.

Aussi quelle fantaisie !

Fauvette a-t-elle des yeux ?

Les moineaux sont sa folie.

Les moineaux ! Ah ! je parie , Philomèle en juge mieux.

Le voilà donc auprès d'elle.

Vite, au phœnix des oiseaux , Rends hommage , Philomèle : .

Gloire, chanta cette belle, Honneur au phœnix des sots !

Quelqu'un me dira, peut-être,

Sans doute il se corrigea.

— Non , non , c'est mal le connaître ;

Pinçon était petit-maître :

Pinçon jamais ne changea.

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