‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de Scarron, et RotrouChapitre 36 sur 224 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ISABELLI:.

Kt moi, je vais pleurer ma triste destinée : () ciel ! à quel brutal m'avez-vous condamnée? N'étoit-ce pas assez de cette aversion.

Sans me troubler encor d'une autre passion? Oui, ciel ! c'étoit assez, pour être malheureuse , Mais vous voulez encor que je sois amoureuse. Ah ! c'est trop me haïr que de me taire aimer Un que je n'oserois à moi-même nommer... Toi qui n'es pas pour moi, faut-il que je t'adore? Kt toi pour qui je suis, laut-il que je t'abhorre. Et qu'un troisième mal à ces deux maux soit joint? Ce don Louis, qui m'aime, et que je n'aime point.. Oui, bien loin de t'ainier, je le hais, misérable... Mais si ton mal est grand, le mien est effroyable. Laisse, laisse-moi donc, importun don Louis; Rcjjarde, au prix de moi, de quel heur lu jouis : Tu n'es que trop vengé de la pauvre Isabelle, Toi qui peux sans rougir te dire amoureux d'elle, Toi qui peux sans rougir lui ilécouvrir ton feu; Et tu te plains encor comme si c'étoit peu ! Va, va, console-toi : ma fortune est bien pire, (lar i'.timc, malheureuse! cl je n'ose le dire; Et, de |»lus, je te hais : j'ai ce mal plus (pu- toi; El , «le plus, <lou .Tuan scia maître de inoi

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Ainsi , je hais , je craius , et je suis amoureuse. Avec ces passions, puis-je être bien heureuse? Hélas ! de tous ces maux qui me délivrera?

SCÈINE V.

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