SCÈNE 111 Le VIEIL HORACE, CAMILLE
LE VIEIL HORACE
Ma fille, il n'est plus temps de répandre des pleurs ; Il sied mal d'en verser où l'on voit tant d'honneurs : On pleure injustement des pertes domestiques Quand on en voit sortir des victoires publiques. Rome triomphe d'Albe, et c'est assez pour nous ; Tous nos maux à ce prix doivent nous être doux. En la mort d'un amant vous ne perdez qu'un homme Dont la perte est aisée à réparer dans Rome : Après cette victoire, il n'est point de Romain
' Ici la pièce est finie, l'action est complètement terminée. Il s'agissait de la victoire, et elle est remportée; du destin de Rome, et il est décidé. (Volt.)
Le sort de Rome est décidé sans doute , mais non le sort de cette famille obligée de se sacrifier à l'ambition de Rome. Horace est encore intéressant, quoiqu'il devienne malheureux et criminel; Horace le père est digne de pitié, car il est près de perdre l'honneur et l'appui de sa maison. L'unité d'intérêt subsiste avec le danger des personnages qui nous ont intéressés dans le cours de la pièce. (Geoffroy.)