‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 105 sur 229 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Soyons indigne sœur d'un si généreux frère!

C'est gloire de passer pour un cœur abattu

Quand la brutalité fait la haute vertu.

Éclatez , mes douleurs : à quoi bon vous contraindre ?

Quand on a tout perdu, que sauroit-on plus craindre?

Pour ce cruel vainqueur n'ayez point de respect ;

Loin d'éviter ses yeux , croissez à son aspect,

Offensez sa victoire, irritez sa colère ,

Et prenez, s'il se peut, plaisir à lui déplaire.

Il vient : préparons-nous à montrer constamment

Ce que doit une amante à la mort d'un amant',

Page 1