SCÈNE II
D. RODRIGUE, seul.
Est-il quelque ennemi qu'à présent je ne dompte? Paroissez, Navarrois, Maures et Castillans % Et tout ce que l'Espagne a nourri de vaillants; Unissez-vous ensemble , et faites une armée Pour combattre une main de la sorte animée; Joignez tous vos efforts contre un espoir si doux , Pour en venir à bout c'est trop peu que de vous.
1 Cette réponse de Rodrigue parait alambiquée et allongée. (Volt.)
2 Elle a bien raison de rougir et de se cacher, après une action qui la couvre d'infamie, et qui la rend indigne de voir la lumière. (Scodéry.)
Ce vers blâmé par Scudéry est peut-être le plus beau de la pièce, et il obtient grâce pour tous les sentiments un peu hors de nature qu'on trouve dans cette scène, traitée d'ailleurs avec une grande supériorité de génie. (Volt.)
'i Ces vers étaient paifaitementdans les mœurs espagnoles du temps, et personne n'a porté plus loin que Corneille se mérite de peindre fidèlement les mœurs des nations qu'il met en scène. (P.)