‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 85 sur 229 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

Le vieil HORACE, HORACE, CURIACE, SABINE, CAMILLE.

LE VIEIL HORACE'

Qu'est-ce-ci, mes enfants? écoutez-vous vos flammes'? Et perdez-vous encorle temps avec des femmes-? Prêts à verser du sang, regardez-vous des pleurs? Fuyez , et laissez-les déplorer leurs malheurs. Leurs plaintes ont pour vous trop d'art et de tendresse, Elles vous feroient part enfin de leur foiblesse : Et ce n'est qu'en fuyant qu'on pare de tels coups.

SABINE

N'appréhendez rien d'eux , ils sont dignes de vous » : Malgré tous nos efforts, vous en devez attendre Ce que vous souhaitez et d'un fils et d'un gendre ; Et si notre foiblesse avoit pu les changer,

1 Dès cet instant Sabine et Camille ne sont plus rien. On ne voit plus que Rome, on n'entend plus que le vieil Horace. Les deux femmes sortent sans qu'on y fasse attention. (La Habpe.)

* Avec des femmes serait comique en toute autre occasion; mais je ne sais si cette expression commune ne va pas ici jusqu'à la noblesse, tant elle peint bien le vieil Horace. (Volt.)

3 On voit bien que c'est toujours de la part de Sabine le même langage ironique.

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