‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 100 sur 153 · SCÈNE I.— -Le Devant de la Grotte de Peospero · texte numérisé non relu

SCÈNE I.— -Le Devant de la Grotte de Peospero

ProsperOi revêtu de sa robe magique, et Ariel entrent.

Pros. — Enfin je touche au but sans avoir échoué ; Mes projets sont remplis : le ciel en soit loué I Tous les esprits soumis à mon ordre obéissent, Le temps marche, tandis que mes lois s'accomplissent. Quelle est l'heure du jour ?

482 THE TEMPE6T. Act V.

Art. On the sîxth hdur $ at vhich time^ mj lord, Yon saîd oar work slHndd «etse.

Pro, I did say so,

When first I rais'd the tempest. Say, my spirit, How fares the king and his 7

Ari. Gonfin'd together

In the sanie ftttfaioa as yon gave in charge ; Just as you left them, Sir; ail prisoners In the lime-grove which weather-fénds yoor cell ; They cannot budge, till yon release. The kmg, His brother, and yonrs, abkle ail three distracted ; And the remainder monming oTer Ihem, Brim-fuU of sorrow, and dismay : but chiefiy Him you term'd. Sir, Tk€ goad old laré, GcnxBtOt His tears run down fais beard, like winter*s drops, From eaves of reeds : your charm so strongly "vforks them, That if you now beheld them, yonr affections Woaki become tender.

Pro. Dost thon thînk so, spirit Y

Ari. Mine, would, Sir, were I human.

Pro. ÂBd mine shaJI.

Hast thou, which art. but air, a touch, a feeling Of their afflictions ? and shall not myself, One of their kind, that relish ail as sharply. Passion as they, be kindlier moy'd than thon art? Though with their high wrongs I am struck to the quick, Yet, with my nobler reason, 'gainst ipy fury Do I take part : the rarer action is In virtue than in vengeance : they being pénitent, The sole drift of my purpose doth extend Not a ftown farther : Go, release them, Ariel * My charms l'U break, their sensés V\\ restore. And they shall be themselyes.

Ari. m îeidEL tJiem, Sir. ÇEaii.)

Pro. Ye elves of hîlls, brooks, standing, lakes, and grèves ; And ye, that on the sands with printless foot Do chase the ebbing Neptune, and do dy him, >Vhen he cornes back : you demi-puppets, that

SciNE I. LA^TBMPËTE. 463

Âriel. — La Hxièmê , l'imiani

Où devait s'achever noire ouvrage importani, âfavaU-tu dit*

Pros. — C'est trai; favaiema/rqué d'SHkmee Cette heure en déehaifMmt la tempête ; elle ainmee. Comment vont le monarque et tous ses eourt4sane f

Âriel. —Ensemble prisonnier», ils sont toujours gisante Auprès de votre ffrotter aeeroupie sous ^ombrage Du bois de citronniers (43), sans gestes, sans langage f Tous, comblés de douleur, anéantie d'effroi. Gémissent en voyant l'égarement du roi.

De son frère et du vôtre; et surtout rien n'égale Le chagrin de celui que vous nommez Qonxale. Les larmes sur sa barbe en gmUtes ru4sselan$ Ressemblent à la pluie en hiver s'éeoulant Du tube des roseaux. Vos charmes réuesisseni, Mais si cruellement sur eux tous Us agissent. Que, si vous les voyiexj vous seriez combattu.

Pros. ~ Oh I ce que tu me dis, esprit , le pensee-tu ?

Âriel. — Je serais attendri, seigneur, si J'étais homme*

Prœ, — ' Va, je h suis aussi, mon œuvre se consomme : Si tu te sens ému quand tu les vois souffrir, Toi, sylphe formé d'air, toi qui ne peux mourir, Si lu sais compatir à leurs maux; moi, leur frère, Moi, longtemps éprouvé par le destin contraire. Moi, qui ressens comme eux passions et douleur, Je serais moins que toi sensible à leur malheur I Ils m'ont profondément blessé par leur injure ; Mais ma colère est morte, et cède à ie^ nature. Va, quHls soient repentants et coulent ^heureux jours l Pardonner m*estpius doux que me venger tm^jours* Lorsqu'au gré de mes vœux mon dernier charme opère, Pour eux je n'aurai pas un seul regard sévère : Rends leur la liberté; brise l'enchantement.

Âriel. — Je vais les amener à ton commandement. (H sort.)

Pros. — Habitants des ruisseaux, des rochers, de l'espace. Vous, dont le pied léger ne laisse point de trace. Lorsque vous poursuivez sur le sablemouvant Neptune, dont le flot recule en s' élevant; VouSf qui vous enfuyez lorsque ardent et sauvage

4«4. ïHE TEMPEST. Act V

By moonshine do the glréeiMôur rin^lets make,

lYhereof the ewe aot bites; ând yoa, whose pastime

Is to makemidnight-mushrooms; that rejoicc

To hear the spleinn curfew; by whosé aid

(Weak masters though you>e,) I hâve bedimm'd

The Doon-tide son, cairdforth the mutinous winds^

And 'twixt the green sea and th^ azar'd yault

Set roaring war : to the dread rattling thunder

Hâve I givep fire, and riftied Jove's stout oak

lYith his own boit : the strong-bas*d promontory

Haye I made shake : and by the spurs pluck'd up

The pine^ and cedar : graves, at my command,

Hâve waked their ^leepers ; oped, and let them forth

By my so potent art : But this rough magie

I hère abjure i and, when I hâve reqnir'd

Some heavenly mu^ic, (whicb even now I do,)

To work mine end upon their sensés» that

This airy charm is for, TU break my staff,

Bury it certain fathoms in the earth,

And deeper than did eyef plummet sound,

ril drown my book. (Soiêmn music.)

Re-enter Abiel: efter him, At.onzo, wilh a frantie gesture, aUended by Gonzalo ; Sébastian and Antonio in like manner, aUended by Adrian and Francisco : They ail enter the eircle which Pros^ero had made, and there stand charmed ; which Prospero o6wt'i?ingf, speaks.

A solemn air, and the best comforter To an unsettled fancy, cure thy brains, NowuselesSy boird within thy skull l There stand,

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